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16:16 7 avril 2020 | mise à jour le: 10 avril 2020 à 23:52

Coronavirus: entre 1263 et 8860 morts à prévoir au Québec d’ici la fin avril

Coronavirus: entre 1263 et 8860 morts à prévoir au Québec d’ici la fin avril
Richard Masse

QUÉBEC — Le coronavirus pourrait faire 8860 morts au Québec, dans un scénario pessimiste, et 1263 morts dans un scénario optimiste, au bilan du 29 avril.

Ce sont les prévisions échafaudées par la Direction de la santé publique du Québec, en vue de préparer le système hospitalier pour la pire période, qui devrait survenir autour du 18 avril. Après cette date, les bilans devraient aller en s’améliorant.

Les données ont été rendues publiques lors d’une présentation mardi après-midi au parlement à Québec.

Actuellement, les gestionnaires de la santé publique se targuent de faire même mieux que les scénarios optimistes autant en matière de personnes hospitalisées que du nombre de personnes en soins intensifs.

Scénario du Québec?

Les différents tableaux montrent des courbes avec soit un scénario catastrophe, soit un scénario bien contrôlé, d’ici au 30 avril; cependant la trajectoire du Québec s’arrête toujours au 7 avril et il est impossible de savoir à quoi elle pourrait ressembler dans les prochaines semaines.

«On se refuse à donner un chiffre, on est plus prudents que ça, et on prévoit pour plus, et c’est pas de la divination», a expliqué le conseiller médical stratégique à la Direction de la santé publique, le Dr Richard Massé. Il est «extrêmement difficile» de déterminer précisément quelle sera la situation future.

Le Dr Massé estime néanmoins que le Québec «ne sera certainement pas proche du scénario pessimiste». Il s’est dit «relativement optimiste» étant donné que le Québec est intervenu «très rapidement».

Pour le scénario optimiste, les autorités ont choisi l’Allemagne, pour ses bons résultats, ainsi que le Portugal, étant donné ses similitudes avec le Québec, notamment la proximité de centres urbains importants et la frontière avec l’Espagne, une zone de transmission importante qui rappelle que nous sommes voisins de l’État de New York.

Le scénario pessimiste est fondé sur l’Italie qui a connu une situation sanitaire catastrophique.

Si les règles continuent d’être bien respectées, la pandémie au Québec pourrait «diminuer de façon significative au cours des prochaines semaines», a envisagé le Dr Massé.

Donc, après la «pause» complète du Québec prévue par le gouvernement jusqu’au début de mai, il pourrait être possible de reprendre progressivement les activités.

Hospitalisations

En ce qui a trait au nombre de morts, le Québec est à 150 en date de mardi, soit en haut de la courbe optimiste de l’Allemagne, qui finit avec 1263 morts le 30 avril, alors que l’Italie finit à 8860 morts.

Concernant le nombre de cas cumulés positifs, le Québec fait moins bien, avec 9340, soit une courbe supérieure au scénario optimiste d’environ 7500 du Portugal.

En matière de nombre d’hospitalisations actives, si le pire scénario donne 3028 et le meilleur 1404 au pic autour du 18 avril, actuellement le Québec dessine une courbe inférieure au scénario optimiste, soit 583.

Pareillement en soins intensifs, la courbe du Québec est inférieure, à 164 personnes, alors que s’il avait le scénario optimiste du Portugal il serait à environ 300 actuellement, et plus 600 pour le scénario pessimiste de l’Italie.

Plus tôt dans la journée, le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, s’est avancé avec beaucoup de réticence à estimer à 75 pour cent les probabilités que le Québec s’en tire avec un scénario optimiste de gestion de la pandémie.

Il a dit que les chercheurs avaient essayé d’avoir «le maximum d’informations sur la réalité qui s’est passée au Québec».

Il a ajouté que le comportement du Québec est «encourageant» et a indiqué qu’il ne pensait pas qu’on allait «se rendre aux chiffres» que les journalistes allaient voir.

Pour sa part, le premier ministre François Legault a affirmé à sa conférence de presse mardi après-midi qu’il ne voulait pas alarmer les Québécois avec des scénarios.

Il a toutefois ajouté que le Québec est «beaucoup plus proche des scénarios des pays qui ont été les meilleurs» et qu’on est «dans la bonne direction».

Le gouvernement Legault subissait de plus en plus de pression pour publier des prévisions, après la publication des données de l’Ontario.

M. Arruda avait fait part des réticences de ses propres chercheurs, tandis M. Legault avait admis qu’il souhaitait que la santé publique rende publiques ses données.

Patrice Bergeron, La Presse canadienne

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