National
12:26 13 avril 2020 | mise à jour le: 17 avril 2020 à 00:03

50 millions $ pour la quarantaine des travailleurs étrangers temporaires

50 millions $ pour la quarantaine des travailleurs étrangers temporaires
Photo: François Carabin/MétroLa ministre de l'agriculture, Marie-Claude Bibeau

OTTAWA — Le gouvernement fédéral financera la mise en quarantaine des travailleurs temporaires étrangers qui participent à la production agricole.

La ministre fédérale de l’Agriculture Marie-Claude Bibeau a annoncé lundi qu’Ottawa fournira 50 millions $ pour assurer l’isolement de 14 jours à l’arrivée des travailleurs étrangers. Les employeurs recevront 1500 $ par travailleur étranger temporaire pour couvrir cette «dépense extraordinaire» imposée par la pandémie.

L’argent servira à payer le logement du travailleur et à couvrir un salaire de deux semaines pendant lesquelles il devra s’isoler.

Les producteurs agricoles et les entreprises de transformation des aliments qui accueillent des travailleurs étrangers saisonniers auront accès à cette aide fédérale.

Le gouvernement fédéral avait cru qu’il lui suffirait de faciliter les vols qui amènent ces travailleurs au Canada; toutes les dépenses auraient été à charge des employeurs. Il a dû se raviser.

«Au départ, (…) on pensait que ce serait peut-être acceptable d’avoir un isolement qui soit actif. Donc, ils auraient pu travailler aux champs tout en maintenant la distance. Mais ça s’avère que non, ce n’est pas suffisant. On leur demande de faire vraiment un isolement complet pendant deux semaines. Alors ça implique des coûts significativement plus élevés pour les producteurs, donc payer deux semaines de salaire sans avoir de travail en retour», a expliqué la ministre Bibeau. 

La ministre a cependant répété que les employeurs devront s’assurer du respect des consignes d’isolement et de la surveillance de l’apparition de symptômes de la COVID-19 chez les travailleurs étrangers. Il n’est toujours pas question de les tester à leur arrivée, «à cause de la disponibilité des tests».

Tout ça est «absolument inadéquat», de l’avis du chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet.

Le chef bloquiste estime que l’État fédéral ne peut pas reléguer aux producteurs agricoles sa responsabilité, celle de limiter au maximum la propagation du virus. Or, selon lui, le logement de quarantaine qui sera offert à ces travailleurs ne sera pas à la hauteur des exigences de la santé publique.

«La quarantaine qu’ils vont subir rendus au Québec ou au Canada va se faire sur des installations agricoles, par des gens qui n’ont jamais fait ça de leur vie, dont les installations n’ont jamais été conçues pour ça», a protesté M. Blanchet lors d’une entrevue téléphonique.

Le Bloc québécois réclame que le gouvernement fédéral utilise ses 50 millions $ pour fournir lui-même le logement et assurer le respect de la quarantaine.

Les établissements de soins de longue durée

L’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada Theresa Tam surveille avec inquiétude les éclosions dans les établissements de soins de longue durée, au Québec comme en Colombie-Britannique et ailleurs au pays.

C’est la situation dans ces institutions qui est responsable, selon elle, des «graves résultats» vus au Canada.

Et alors qu’elle note que la croissance du nombre de nouveaux cas au pays semble ralentir, Dre Tam s’attend à de plus en plus de décès «étant donné les éclosions dans les institutions de soins de longue durée».

Bien que la situation diffère d’une province à l’autre, «près de la moitié des décès a un lien avec un établissement de soins de longue durée», a-t-elle remarqué.

«La leçon à apprendre de cette pandémie est qu’il nous faut vraiment améliorer notre contrôle de la prévention des infections et notre façon de gérer la protection des visiteurs, des bénévoles, du personnel médical», a conclu la responsable de la santé publique au pays.

Rapatriements

Lundi, des Canadiens devaient rentrer au pays en provenance de l’Inde, du Kazakhstan, du Nicaragua et de la Turquie.

Les efforts du Canada pour faciliter le retour de tous ses ressortissants ralentissent, par la force des choses.

Affaires mondiales surveille encore cinq navires de croisière où se trouvent 40 passagers et 10 membres d’équipage canadiens. Il a aussi l’oeil sur 81 paquebots avec à leur bord 290 Canadiens, membres d’équipage.

Ottawa a maintenant distribué 4,2 millions $ en prêts aux Canadiens coincés à l’extérieur du pays. Affaires mondiales Canada étudie 2100 autres demandes de prêt. Ces prêts peuvent s’élever à 5000 $.

Depuis le début de la pandémie, le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne a indiqué qu’il ne serait pas possible de rapatrier tous les Canadiens qui veulent rentrer.

Nombre de cas

Il y a 25 682 cas confirmés et probables décelés par les tests administrés au Canada. La COVID-19 a provoqué jusqu’à maintenant la mort de 780 Canadiens.

L’Île-du-Prince-Édouard ne rapportait aucun nouveau cas lundi et estimait que 23 des 25 personnes malades trouvées depuis le début de la pandémie dans la province sont maintenant guéries.

Distribution des cas au pays, selon les plus récents bilans disponibles: 13 557 cas au Québec, dont 360 décès; 7470 cas en Ontario, dont 291 décès; 1732 cas en Alberta, dont 46 décès; 1490 cas en Colombie-Britannique, dont 69 décès; 474 cas en Nouvelle-Écosse, dont trois décès; 302 cas en Saskatchewan, dont quatre décès; 246 cas au Manitoba, dont quatre décès; 244 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès;116 cas au Nouveau-Brunswick; 25 cas à l’Île-du-Prince-Édouard; huit cas au Yukon; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

L’Agence de santé publique du Canada a compté plus de 428 000 tests administrés. Le taux de résultats positifs à ces tests est un peu supérieur à 5,7 pour cent.

Lina Dib, La Presse canadienne

Articles similaires