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11:18 21 mai 2020 | mise à jour le: 25 mai 2020 à 00:02

COVID-19: une aide financière pour les autochtones hors réserve

COVID-19: une aide financière pour les autochtones hors réserve
Photo: Capture d'écranJustin Trudeau

OTTAWA — Deux mois après avoir aidé les communautés autochtones à se protéger contre l’invasion du virus, le gouvernement fédéral se tourne vers les membres des Premières Nations qui vivent hors réserve.

Ottawa annonce une aide de 75 millions $ pour atténuer les effets de la pandémie sur le million d’Autochtones qui vivent hors réserve.

«C’est de l’argent que les organismes communautaires pourront utiliser pour combattre l’insécurité alimentaire, appuyer les aînés vulnérables, aider les jeunes à risque, fournir des services de santé mentale et prévenir la violence familiale», a dit le premier ministre Justin Trudeau lors de sa sortie quotidienne, devant sa résidence.

Dès le début de la crise de la COVID-19, à la mi-mars, Ottawa a distribué 305 millions $ aux groupes représentant les Premières Nations, les Inuits et les Métis afin que leurs communautés, isolées et particulièrement vulnérables, échappent à la pandémie.

Seulement 15 de ces millions sont allés aux organisations qui servent les Autochtones hors réserve. Or, plus de la moitié de la population totale des Autochtones du pays vit hors réserve.

Le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a tenté d’expliquer pourquoi il a fallu tout ce temps avant de répondre à des besoins criants qu’il constate lui-même dans sa circonscription montréalaise. Il a souligné que son ministère est d’abord en relation avec les communautés dans les réserves, les Autochtones en milieu urbain se retrouvant aussi sous la responsabilité d’autres paliers de gouvernement.

«Il y a des organisations qui donnent des services (en milieu urbain) avec lesquelles nous n’avons pas des relations très développées. C’est une juridiction qui est très partagée entre la province et le fédéral. Et ce ne sont pas des entités de gouvernance (comme) une Première Nation ou une communauté», a-t-il justifié, estimant tout de même avoir agi «très, très vite», étant donné les circonstances.

Dans les réserves, on a compté 201 cas de COVID-19; 156 de ceux-là se sont rétablis. Le ministre Miller a également fait savoir que les 16 cas au Nunavik, dans le nord du Québec, sont tous guéris.

Plaidoyer auprès des entreprises

Devant le peu d’enthousiasme inspiré par certaines mesures d’aide aux entreprises — la subvention salariale d’urgence (SSUC) ainsi que l’aide aux loyers commerciaux trouvent trop peu de preneurs — le premier ministre en a appelé au sens civique des entrepreneurs, jeudi.

«On a tous hâte que la vie reprenne son cours. Mais pour que ça arrive, tout le monde doit faire sa part, et les employeurs en particulier ont un rôle important à jouer», a souligné M. Trudeau. 

«Vos employés comptent sur vous. Votre communauté aussi», a-t-il insisté.

La SSUC est distribuée à plus de 215 000 entreprises, surtout de petites tailles. Ce n’est donc que 5,7 milliards $ qu’Ottawa fournit, jusqu’à maintenant, à ces employeurs alors que le budget du programme est de 73 milliards $. La SSUC devait servir à soulager la PCU, la prestation canadienne d’urgence, qu’Ottawa donne à ceux qui ne peuvent plus travailler à cause de la pandémie.

Le président du Conseil du trésor, Jean-Yves Duclos, affiche un certain optimisme, tout de même, maintenant que son gouvernement a annoncé que la SSUC est prolongée jusqu’à la fin du mois d’août.

«Ça a pris un petit peu de temps (…) mais avec l’annonce qui a été faite la semaine dernière, on a confiance que le programme va maintenant prendre sa pleine ampleur», a déclaré M. Duclos, lors de la conférence de presse des ministres du gouvernement Trudeau, jeudi après-midi.

Pendant ce temps, la PCU en sa version pour étudiants continue d’agacer Québec. Jeudi après-midi, elle servait à François Legault pour expliquer la difficulté à offrir des camps de jour cet été.

«On a un compétiteur qui s’appelle la PCU qui fait qu’on est payé pour rester à la maison», s’est désolé le premier ministre du Québec. 

«Il y a la PCU qui, peut-être, est un peu incitative à rester à la maison. Donc, il y a un défi. Je ne dis pas qu’on va être capable de combler tous les postes de moniteurs», a-t-il insisté.

Presque au même moment et en écho, un député bloquiste interpellait la vice-première ministre Chrystia Freeland à ce sujet pendant une séance virtuelle des Communes.

«Il faut s’assurer que cette PCUE ne soit pas une entrave à l’arrivée des étudiants sur le marché du travail. Faut pas que ce soit un désincitatif», a lancé Alain Therrien.

«Peut-être à cause du fait que je suis mère, que j’ai beaucoup de jeunes Canadiens dans ma vie personnelle, je dois dire que j’ai beaucoup confiance en nos jeunes et je pense qu’ils veulent travailler», lui a répondu Mme Freeland, en disant qu’elle veut «protéger» les étudiants qui vivent une situation «difficile et même dangereuse».

Nombre de cas 

Il y a eu plus de 1 377 000 tests administrés au Canada. Environ 5 % d’entre eux ont détecté la maladie. À travers le pays, on fait passer en moyenne quelque 28 000 tests par jour.

Jusqu’à maintenant, on a recensé 81 324 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 6152 Canadiens.

Distribution des cas, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux: 45 495 cas au Québec, dont 3800 décès; 24 187 cas en Ontario, dont 1993 décès; 6768 cas en Alberta, dont 132 décès; 2479 cas en Colombie-Britannique, dont 152 décès; 1046 cas en Nouvelle-Écosse, dont 58 décès; 622 cas en Saskatchewan, dont sept décès; 290 cas au Manitoba, dont sept décès; 260 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 121 cas au Nouveau-Brunswick, tous guéris, sauf un; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, tous guéris; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

Lina Dib, La Presse canadienne


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