National
11:37 22 mai 2020 | mise à jour le: 26 mai 2020 à 00:02

Traçage: Québec faisait déjà le travail sans aide, selon Horacio Arruda

Traçage: Québec faisait déjà le travail sans aide, selon Horacio Arruda
Photo: Dave Chan/AFPLe premier ministre Justin Trudeau

OTTAWA — Si Québec n’a pas demandé l’aide d’Ottawa pour retracer les contacts de personnes infectées par la COVID-19, c’est parce que le travail se fait déjà sans aide, à ce qu’en dit Horacio Arruda. Toutefois, l’aide sera bienvenue, bientôt.

Vendredi matin, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué qu’Ottawa propose aux provinces des fonctionnaires fédéraux capables de faire 3600 appels par jour, sept jours par semaine. Il a ajouté à ça 1700 employés de Statistique Canada qui pourraient, de leur côté, faire 20 000 appels par jour.

«On est en train de travailler de proche avec l’Ontario sur la recherche de contacts et on serait là pour aider n’importe quelle autre province qui en aurait besoin. On a juste besoin qu’ils nous fassent une demande pour augmenter le débit de leur recherche de contacts», a dit M. Trudeau, laissant ainsi entendre que Québec ne répondait pas à son offre.

L’Ontario et le Québec sont les deux provinces les plus touchées par l’épidémie.

«Actuellement, on n’avait pas de problème encore d’enquête», a affirmé Dr Arruda, directeur national de la santé publique au Québec, lors d’une conférence de presse en après-midi.

À ses côtés, sa collègue montréalaise l’a confirmé.

«On est à jour et on arrive à faire notre traçage (…) dans les 24 heures», a déclaré Dre Mylène Drouin, soulignant qu’il y avait quelques rares exceptions. Selon ses calculs, on fait le travail de traçage pour quelque 500 cas par jour à Montréal.

Dr Arruda a signalé que les autorités québécoises de santé publique doublent les effectifs des enquêteurs en prévision de l’été, des vacances et de la prochaine vague possible de l’épidémie. Pas question, donc, de refuser l’offre d’aide fédérale pour la suite des choses.

«C’est très bien reçu et on va discuter avec eux quelle serait la meilleure façon d’intégrer ces gens-là (…) avec nos équipes qui font les enquêtes», a-t-il dit.

Avant de conclure sa conférence de presse, Dr Arruda partageait une information de dernière minute. Son équipe était maintenant en contact avec 500 des 1700 employés mis à la disponibilité des provinces par Statistique Canada.

Aide logistique et financière

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement fédéral s’est dit prêt à aider les provinces à augmenter leur capacité de dépistage de la maladie et leur capacité de traçage des contacts des malades.

Jeudi soir, au cours de l’appel hebdomadaire entre premiers ministres, l’offre est devenue «plus concrète», a-t-on indiqué au bureau de M. Trudeau.

«La prochaine phase de notre collaboration sera axée sur le dépistage, la recherche de contacts et le partage de données. Et comme je l’ai dit à mes collègues à travers le pays, le gouvernement fédéral sera là pour appuyer, faciliter et financer ce travail», a déclaré M. Trudeau vendredi matin.

Le premier ministre a également profité de sa sortie pour plaider pour un plus grand partage des données aux mains des provinces habituellement jalouses de leur compétence en matière de soins de santé.

«On doit faire en sorte que les données recueillies par les provinces et les territoires soient partagées à l’échelle du pays. Ça va nous aider à suivre la propagation du virus, à adapter notre réponse en conséquence, et à sauver des vies», a insisté le premier ministre.

Quant au nombre de tests effectués chaque jour pour dépister la maladie, à Ottawa, on croit avoir la capacité d’en faire 60 000 à travers le pays, or il s’en fait moins de la moitié.

«On n’est pas encore arrivé à ce niveau, en partie parce qu’il y a plusieurs régions qui n’ont pas besoin d’augmenter leur débit de dépistage, parce qu’ils ont la situation plus sous contrôle», a expliqué M. Trudeau.

Une application pour retracer les cas

Google et Apple travaillent à changer leurs systèmes afin que les applications téléchargées dans les téléphones mobiles pour faciliter le traçage ne siphonnent pas trop rapidement les batteries des appareils.

M. Trudeau s’attend à ce que ce travail soit terminé au début du mois de juin.

«Nous nous attendons à pouvoir recommander une application pour les Canadiens à ce moment-là pour pouvoir aider avec le contrôle du virus», a-t-il indiqué.

Nombre de cas 

Il y a eu plus de 1 401 000 tests administrés au Canada. Environ 5 % d’entre eux ont détecté la maladie. À travers le pays, on fait passer en moyenne entre 26 000 et 28 000 tests par jour.

Jusqu’à maintenant, on a recensé 82 480 cas confirmés ou probables dans l’ensemble du pays. La COVID-19 a provoqué la mort de 6250 Canadiens.

Distribution des cas, selon les plus récents bilans provinciaux et territoriaux: 46 141 cas au Québec, dont 3865 décès; 24 628 cas en Ontario, dont 2021 décès; 6800 cas en Alberta, dont 134 décès; 2507 cas en Colombie-Britannique, dont 155 décès; 1048 cas en Nouvelle-Écosse, dont 58 décès; 627 cas en Saskatchewan, dont sept décès; 292 cas au Manitoba, dont sept décès; 260 cas à Terre-Neuve-et-Labrador, dont trois décès; 121 cas au Nouveau-Brunswick, tous guéris, sauf un; 27 cas à l’Île-du-Prince-Édouard, tous guéris; 11 cas au Yukon, tous guéris; cinq cas dans les Territoires-du-Nord-Ouest, tous guéris; aucun cas au Nunavut.

À ces bilans provinciaux et territoriaux s’ajoutent les 13 cas, tous guéris, chez les passagers rapatriés du navire de croisière Grand Princess le 10 mars.

Lina Dib, La Presse canadienne

Articles similaires