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Comment Black Lives Matter s’est-il propagé à travers la planète?

Black Lives Matter Montréal
En juillet, les mots "La vie des noir.e.s compte" ont été écrits sur la rue Sainte-Catherine ouest. L'oeuvre a été organisée par la fondation Dynastie et Never Was Average. Photo: Josie Desmarais/Métro
Miguel Velázquez - Metro World News

Sept ans après la création de Black Lives Matter (BLM) aux États-Unis, le mouvement propulse le débat
sur le racisme dans toutes sortes de pays. Métro fait le tour du phénomène.

L’acquittement du tueur de l’adolescent afro-américain Trayvon Martin en Floride en 2013 a mené à la création du mouvement #BlackLivesMatter afin de sensibiliser la population à la discrimination et au racisme.

C’est devenu désormais «une organisation mondiale aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Canada dont la mission est d’éradiquer le suprémacisme blanc et bâtir un pouvoir local pour intervenir contre la violence infligée aux communautés noires par les États et les justiciers», lit-on sur le site web de BLM. «En combattant et en se défendant contre les actes de violence, en créant des espaces pour l’imaginaire noir et l’innovation noire et en se concentrant sur le bonheur des Noirs, nous améliorons nos vies dans l’immédiat.»

Selon Henri Giroux, professeur d’études dans l’intérêt public à l’Université McMaster, en Ontario, il est devenu évident que les personnes ayant la peau plus foncée vivent des expériences de racisme semblables à travers le monde. C’est ainsi qu’un bon nombre de mouvements isolés ont été réunis sous la bannière de BLM.

«Il y a d’autres mouvements […] qui ont un attrait assez large. Mais Black Lives Matter est le mouvement le plus efficace que j’ai vu dans ma vie.» – Henri Giroux, professeur d’études dans l’intérêt public à l’Université McMaster, en Ontario

«En même temps, son plaidoyer pour la justice raciale et la transformation structurelle à travers l’intersectionnalité et l’union de groupes divers a surligné le fait que le capitalisme et le racisme partagent un lien commun mortel qui doit être renversé. De plus, [BLM] a produit non seulement des formes de manifestation locales, mais aussi des manifestations mondiales, partout à travers la planète. Et ce qui étonne le plus, c’est que ces mouvements traversent les frontières raciales», dit-il.

En effet, après la mort de George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans, le 25 mai dernier alors qu’il se faisait arrêter pour une affaire de faux billet de banque à Minneapolis, il y avait de nombreuses manifestations contre le racisme partout dans le monde. Plusieurs événements du genre ont été tenus malgré l’imposition de restrictions sur les événements de masse, due à la pandémie de COVID-19. Ça a servi de rappel que le racisme ne se limite pas aux États-Unis.

Sensibilisation essentielle à la politique

Selon M. Giroux, le mouvement Black Lives Matter a «non seulement révélé les structures de violence, de cruauté et de terreur systémique au sein de l’État racial, et a atteint cet objectif en s’assurant que la sensibilisation était essentielle à la politique. C’est-à-dire que le mouvement  utilise les médias sociaux, les discours publics, les manifestations et une série d’autres outils culturels pour changer la conscience du public concernant l’utilisation de la violence policière, de l’injustice raciale et de l’inéquité économique.»

«La lutte que mènent BLM et d’autres groupes semblables doit s’assurer que la sensibilisation est essentielle à la politique. Il n’y a pas de démocratie sans citoyens avertis et informés et il est impossible de créer une résistance collective sans les conditions qui inspirent la population à connecter leurs connaissances et à en apprendre plus concernant le problème plus large de la responsabilité politique et sociale», ajoute-t-il.

L’expert croit qu’en sept ans, BLM n’a pas seulement révélé les phénomènes de la violence policière, du racisme systémique et de l’inéquité économique aux États-Unis et à travers le monde. Le mouvement a réussi à fédérer ces problèmes au sein d’une lutte plus large pour les droits humains, pour la justice économique et écologique, pour la justice entre les sexes et contre l’incarcération de masse, entre autres.

«Le plus important, c’est que BLM a infusé notre culture avec un nouveau lexique, de nouvelles possibilités de changements systémiques et structurels, un sens critique grandissant et un discours d’espoir militant», mentionne-t-il.

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