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Affaire Camara: Québec remet les caméras corporelles à l’ordre du jour

Le SPVM avait procédé à un projet pilote pour tester les caméras corporelles en 2016.
Photo: Collaboration spéciale

Interpellée par l’arrestation erronée de Mamadi Camara, la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, croit que l’utilisation de caméras corporelles aurait pu éviter une telle saga. Le gouvernement provincial et la Ville de Montréal ouvrent la porte à refaire appel à cette technologie.

«On n’en a pas fait grand cas, mais on s’apprête à lancer un nouveau projet pilote ce printemps avec la [Sûreté du Québec (SQ)]», a indiqué la vice-première ministre au micro du 98.5, jeudi. Elle réagissait ainsi à la libération-surprise, la veille, de Mamadi III Fara Camara, un Montréalais accusé d’avoir désarmé et blessé un policier du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Dans un retournement de situation inattendu, M. Camara a quitté le Palais de justice blanchi de toute accusation, mercredi. Une vidéo soumise aux inspecteurs mercredi aura permis à la Cour de statuer qu’il n’était pas responsable.

«Suivant l’évolution de l’enquête et les dernières informations communiquées, nous estimons qu’il n’est plus possible de soutenir, dans l’état actuel des choses, les accusations à l’égard de Monsieur Camara», avait réagi la porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Audrey Roy-Cloutier, mercredi.

Selon l’avocat de M. Camara, il aurait bien pu y avoir erreur sur la personne.

«On peut comprendre que l’identification est un problème majeur dans ce dossier-ci», avait confié Me Cédric Materne aux médias.

Dans le contexte, la ministre Guilbault revient à la charge avec l’utilisation de caméras corporelles dans la police. Le projet pilote évoqué, permettrait de «voir s’il y a moyen de les implanter et, si oui, de quelle façon», a-t-elle signalé jeudi.

À Montréal, la mairesse Valérie Plante se porte volontaire pour participer au projet pilote. «On a levé la main en disant qu’on aimerait beaucoup que le SPVM soit partie prenante dès le début de l’installation des caméras», a indiqué Mme Plante lors d’un point de presse.

Plusieurs projets pilotes

Le Québec n’en est pas à sa première entreprise dans le dossier des caméras corporelles. Montréal avait été une des premières à les mettre à l’essai, en 2016, quand le SPVM avait déboursé 17 M$ pour s’en procurer.

Un rapport émis trois ans plus tard par le corps policier statuait finalement qu’il n’en résultait aucun changement. Devant ce constat négatif, Mme Plante avait rejeté l’idée.

«La mairesse dit qu’elle veut encore explorer un autre projet pilote. C’est le temps du déploiement. Il faut aller de l’avant avec les caméras portatives», a martelé jeudi le chef de l’opposition à l’Hôtel de Ville, Lionel Perez.

Si Québec donne son aval à l’utilisation de caméras, la SQ n’en serait pas non plus à son premier essai. En 2018, le service de police achetait quelque 200 appareils de ce genre. Une enquête du réseau Global révélait l’an dernier qu’ils n’ont jamais été utilisés sur le terrain.

Dans la foulée de la mort de George Floyd aux États-Unis, l’utilisation des caméras corporelles – ou «body cam» – a fait les manchettes l’été dernier. Pour éliminer la «peur de la police», le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, avait souligné son intention d’utiliser les caméras corporelles au sein de la Gendarmerie royale du Canada.

«J’ai l’intention d’en discuter avec les provinces cette semaine pour pouvoir avancer le plus rapidement possible», avait-il dit.

– Avec Olivier Faucher/Métro

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