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La course contre la montre du Sommet

À l’aube du Sommet sur l’enseignement supérieur, chacun y va de ses demandes pour les sujets qui y seront abordés. Le gouvernement du Québec aura-t-il assez de deux jours pour débattre de tous ces enjeux?

Les troupes de Pauline Marois semblent avoir choisi l’indexation des frais de scolarité, un scénario loin de faire l’unanimité. Malgré les nombreuses discordes sur ce point, plusieurs organisations ont tenu à rappeler, dimanche, l’importance d’autres enjeux cruciaux qui concernent l’éducation supérieure, et qui doivent se retrouver au cœur des débats.

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Selon la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et le Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ), les conditions de vie des étudiants et l’accessibilité aux études constituent les priorités de la jeunesse québécoise.

Ils ont donc uni leurs voix, dimanche, pour demander une actualisation du programme d’aide financière aux études (AFE), en plus de préconiser le scénario du gel des droits de scolarité.

La présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, a notamment proposé que le seuil de contribution parentale soit haussé à un niveau minimal de 45 000$.

«Ce serait une très bonne mesure pour que l’aide financière, qui est actuellement dans un état lamentable, soit réellement améliorée», a-t-elle affirmé.

La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) a appuyé ces propositions, en plus d’exiger certaines mesures destinées spécifiquement au bon développement des cégeps.

Se disant bien consciente que les principaux sujets abordés lors du Sommet porteront sur le réseau universitaire, la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, demande à ce qu’un chantier de travail soit créé pour que «les partenaires du milieu collégial poursuivent les réflexions entamées lors du sommet».

De son côté la FTQ a également demandé à ce que des chantiers de travail post-sommet soient mis sur pied, pour pouvoir aborder la gratuité scolaire, notamment.

«Il va de soi qu’une telle réflexion ne peut être consommée au bout d’une journée et demie de discussions», a fait savoir le secrétaire général de la FTQ, Daniel Boyer, par voie de communiqué.

Même son de cloche du mouvement Profs contre la hausse, qui a lancé dimanche la Déclaration de la Base face au Sommet, appuyée par une cinquantaine de groupes, pour déplorer le fait que le sommet porte essentiellement sur une question de chiffres.

«C’est tout l’enjeu de l’éducation dans notre société qui doit être questionné, croit Martin Godon, membre du mouvement Profs contre la hausse. Étant donné l’ampleur et la nature de la protestation qu’il y a eue pendant le printemps érable, on trouve qu’un sommet d’une journée et demie seulement, où l’enjeu central est la question des frais de scolarité, c’est un peu frustrant. Ça esquive les questions qui ont été posées au printemps.»

M. Godon croit qu’il est temps que le Québec lance un vaste chantier de réflexion sur le sujet, comme il l’avait fait lors de la Commission Parent, qui avait duré près de cinq ans, il y a plus de cinquante ans.

«Et ce qui nous irrite aussi, c’est que nous avons l’impression que la décision est déjà prise et que le sommet serait davantage une entreprise de relations publiques qu’une réelle table de discussion et de réflexion», conclut-il.

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