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Le Canada pourraient doubler ses ambitions climatiques, assure une étude

Photo: Archives métro

«Doubler les ambitions climatiques du Canada tout en maintenant une économie florissante» est réalisable, assure une étude publiée par sept organisations environnementales.

Cette récente étude, menée par des modélisateurs énergétiques renommés d’EnviroEconomics et de Navius, affirme que le Canada pourrait doubler son objectif, c’est-à-dire atteindre une réduction de 60 % d’ici 2030, par rapport aux niveaux de 2005. «Ce 60 %, c’est la juste part du Canada en matière de capacité financière et de responsabilité historique. Le Canada doit atteindre ce 60 %, s’il ne le fait pas, ça va être à un autre pays de le faire», explique Émile Boisseau-Bouvier, analyste politique climatique à Équiterre.

«Une cible climatique doublement plus ambitieuse est non seulement nécessaire et bénéfique, mais surtout réalisable.» – Dale Marshall, directeur national d’Environmental Defence

Dans le cadre de son plan lancé en 2016, le Canada s’est fixé l’objectif de réduire ses émissions de GES en 2030, soit une réduction de 30 % sous les niveaux de 2005. Dans son budget 2021 dévoilé lundi, la cible de réduction des gaz à effet de serre (GES) a été rehaussée à 36% d’ici 2030.

L’ambivalence du Canada est ciblée. «Le pays peut devenir soit un chef de file en matière d’action climatique, soit un grand producteur de pétrole et de gaz. Il ne peut pas être les deux à la fois», constate l’étude. La production de pétrole brut continuera de croître jusqu’en 2039, selon la Régie canadienne de l’énergie.

«Le Canada a un problème de dépendance face au secteur pétrolier. Nous, ce qu’on propose, c’est d’arrêter la croissance de ces secteurs-là et planifier leur transition. Il faut bien accompagner les travailleurs.» – Émile Boisseau-Bouvier, Équiterre

«Le secteur pétrolier représente moins de 1 % des emplois au Canada, mais près du quart des émissions de GES. Réussir une transition pour 1 % des emplois au Canada, c’est réalisable», ajoute-t-il. Cette transition passe aussi par les capitaux: «Le Canada investit des sommes colossales vers les énergies fossiles; ces mêmes sommes devraient être investies vers des sphères de l’économie plus porteuses.»

Comment l’étude prévoit l’avenir vert du Canada ?

La modélisation compare deux scénarios. Le scénario Garder le cap, qui comprend les politiques climatiques actuelles ainsi que la proposition d’une hausse de la tarification du carbone à 170 $ la tonne d’ici 2030, puis le scénario Juste part, qui montre comment le Canada peut atteindre sa juste part en réduisant de 60 % les GES domestiques d’ici 2030.

Le scénario Juste part intègre des mesures comme la décarbonisation des carburants dans le transport, une réduction de 80 % de l’intensité des émissions industrielles d’ici 2030, un plafond des émissions de GES en production d’électricité qui serait établi à partir de 2026, ou l’augmentation substantielle de la taxe carbone (2 à 3 fois), entre autres.

Selon le scénario le plus ambitieux (Juste part), le taux de croissance annuel serait de 1,8 % jusqu’en 2030, alors que le scénario Garder le cap prévoit un taux de 2,1 %. «Le Canada abdiquerait sa responsabilité en matière de changement climatique pour réaliser des gains économiques minimes», est-il analysé.

L’étude a été commandée par sept organisations environnementales, soit Équiterre, Environmental Defence, le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick, Ecology Action Centre, Stand.Earth, le Réseau action climat Canada et la West Coast Environmental Law.

 

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