MONTRÉAL – Greenpeace se retrouve dans l’embarras après avoir reconnu une erreur sérieuse, mais l’organisme environnemental refuse de revenir sur une décision prise en fonction d’informations erronées.
Les porte-parole de Greenpeace ont diffusé un communiqué mardi dans lequel ils reconnaissent avoir faussement accusé Produits forestiers Résolu — anciennement Abitibi-Bowater — d’avoir violé l’Entente sur la forêt boréale canadienne (EFBC).
Le 6 décembre dernier, Greenpeace soutenait que Résolu avait approuvé et développé des routes dans des zones de coupe sous moratoire et se livrait secrètement à des pratiques forestières contraires aux dispositions de l’entente, des reproches vivement démentis par l’entreprise.
Or, les affirmations de l’organisme étaient basées sur un document qui n’était plus fiable, a expliqué sa porte-parole, Catherine Vézina.
«C’est une erreur humaine dans des circonstances exceptionnelles. (…) Ces allégations viennent d’une carte en particulier et cette carte n’était pas la plus à jour. C’est vraiment notre erreur», a reconnu Mme Vézina. Elle a ajouté que cette erreur avait été largement répandue.
«C’est une carte qui a été distribuée dans des tables de concertation régionales au Québec et c’est vraiment notre faute. Nous avons utilisé cette carte croyant que c’était la plus à jour alors que ce n’étaient que des propositions de tracés, d’où l’erreur que nous reconnaissons aujourd’hui, que nous avons corrigée dès que nous en avons eu connaissance. Tout a été retiré sur Internet et toutes nos communications ont été corrigées», a ajouté la porte-parole.
Le 6 décembre, Greenpeace avait du même coup annoncé son retrait de l’EFBC, une entente inédite entre les plus grandes compagnies forestières et plusieurs groupes environnementaux visant à négocier la création d’aires protégées contre l’exploitation.
L’organisme avait également invoqué la lenteur des négociations et l’absence de progrès significatifs dans la création de zones protégées pour justifier son retrait de l’entente.
Or, même si ses accusations à l’endroit de Résolu s’avèrent non fondées, Greenpeace estime malgré tout que son retrait était et demeure justifié.
«Nous avions évoqué le fait que l’entreprise violait l’entente, mais nous avions aussi évoqué le fait que nous ne trouvions pas que l’entente avait honoré ses promesses, qu’en deux ans et demi on n’avançait pas assez et que ce n’était pas un bon outil de conservation, a dit Mme Vézina. Oui, c’était une partie des raisons pour lesquelles nous sortions, mais il y avait d’autres raisons pour lesquelles nous étions sortis de l’entente et nous restons très fermes à ce sujet. Nous ne comptons pas revenir à l’entente pour ces raisons.»