Comme ça, ça a l’air qu’on mange plutôt mal dans nos Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Ouaip! Et qu’en plus, le personnel, complètement débordé, ne suffit pas à la tâche. Pire, les bénéficiaires – c’est ainsi qu’on les désigne – n’auraient parfois droit qu’à un seul bain par semaine! Eh ben, tu parles d’une nouvelle… Holà, minute!
Ces histoires n’ont rien de neuf. Loin de là. Et pourtant, quand on les a ressorties la semaine dernière, notre réaction a été pour le moins étonnante. C’était comme si on levait le voile pour la première fois sur la maltraitance et la détresse des vieux dans nos institutions. Comme si on avait oublié ce qui avait été dénoncé la dernière fois. Et la fois d’avant. Et l’autre fois d’avant. On s’indigne, et puis après, plus rien. Le nuage gris foncé de la colère se dissipe.
Ce qui effraie encore plus, c’est l’impression qu’ont donnée nos ministres chargés du dossier (Dominique Vien, Marguerite Blais et Yves Bolduc, pour les nommer), qui ont eux aussi eu l’air de tomber en bas de leur chaise quand est venu le temps de réagir devant cette situation qui dure et perdure. Comme si le chat venait de sortir du sac. Hé, ça fait des années que la situation se détériore, que des signaux sont lancés pour qu’on intervienne tout de suite et une fois pour toutes, alors, qu’on n’essaie surtout pas de nous faire croire que la problématique est sans précédent. Quand ils sont malades et dépendants, nos aînés sont dans la merde. Dans tous les sens du terme.
Puisqu’il le faut, on le confirme à nouveau : ce n’est décidément pas une bonne idée pour un aîné d’avoir besoin de soins au Québec. Au Québec et ailleurs en Occident tant qu’à y être. Ce qui est frappant, c’est que plus une société se dit – ou se croit – progressiste, plus elle semble ingrate quand vient le temps d’offrir des soins à ceux et celles qui ont contribué toute leur vie en payant des taxes et des impôts. Quand même étrange, non?
En attendant ce qui s’en vient, je capote. Littéralement. Cette année, j’ai eu 50 ans. Pas encore très vieux direz-vous, mais dans 25 ans, ça m’en fera quand même 75. Et je suis maintenant juste assez âgé pour comprendre combien le temps passe à la vitesse de l’éclair. On me l’avait dit, je ne l’avais pas cru. Maintenant, je sais… Donc, 25 ans, ça ne sera pas plus loin qu’après-demain. Que va-t-il m’arriver si j’ai le malheur de ne pas être en parfaite santé quand je vais pincer cet âge-là? Qui va alors s’occuper de moi convenablement? Quel système pourra me prendre en charge en me laissant un minimum de dignité? Comment ça va se passer si, un jour, on doit me «placer» en institution?
«Placé» sur un étage comme on place une boîte remplie de cossins inutiles et encombrants sur une tablette. «Placé» comme un dossier réglé dans le tiroir d’un classeur. «Placé» comme dans caché…
C’est dimanche qu’ont débuté les travaux de la Commission nationale des États généraux sur la souveraineté du Québec. On rappelle le mandat de ces États généraux : établir un consensus sur le développement de la nation québécoise. Pour diriger les travaux, on a fait appel à Gérald Larose, un homme qui s’est distingué au cours des dernières années dans les rangs souverainistes avec ses déclarations incendiaires. Choisi pour favoriser le consensus, qu’ils disent…
Ça promet!
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.