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Deux poids, une mesure

Non, mais il s’en est-tu passé des affaires dimanche? Wow! Vous pouvez maintenant retrouver vos esprits, le Super Bowl est derrière nous. Aujourd’hui, ne comptez pas sur moi pour revenir sur les grosses pubs américaines qui semblent nous faire si cruellement défaut quand il est impossible de les voir ici. N’attendez pas davantage que je vienne vous refiler une dernière recette d’ailes de poulet piquantes pour enflammer la gueule, l’estomac et le… de vos invités. Ni pour vous faire la critique du spectacle de la mi-temps de Madonna (quoique j’ai été soufflé par la qualité des projections préparées par Moment Factory, une firme d’ici). Aujourd’hui, je déclare l’armistice après un week-end qui a eu des allures de crise de foie tant il fut gorgé de gros et de gras.

Ce matin, bien tranquille dans mon coin, je me réjouis que Scott Gomez n’ait pas marqué son premier but en 365 jours. Pas que j’aie envie de le protéger celui-là, qu’il s’arrange avec ses troubles et ses 7 M$ par année. Mais je suis néanmoins content de ne pas avoir eu à me taper un autre pique-nique de cannibales au parc de la cruauté collective. Le gars a déjà l’air assez zouf comme ça, pas obligé de le promener en laisse comme on l’a déjà fait avec Quasimodo à la Fête des fous sur le parvis de Notre-Dame-de-Paris.

Étrangement, c’est au moment même où Gomez faisait ce qu’il fait de mieux, c’est-à-dire, ne pas marquer de buts, que la grosse nouvelle de la journée est tombée. On a appris que René Angélil faisait partie d’un groupe qui aurait acheté le restaurant Schwartz’s du boulevard Saint-Laurent. Une transaction de 10 M$, qu’ils ont écrit. Ça a bien l’air qu’on ne regarde pas à la dépense quand vient le temps d’évaluer la valeur d’un joyau si important de la culture et de la gastronomie montréalaise. 

N’en fallait pas plus pour qu’un tsunami de réflexions, aussi brillantes les unes que les autres, s’abatte sur les réseaux sociaux. Première alerte : «Lui, y’é mieux de ne pas changer ça en Nickel’s!» Deuxième inquiétude, elle me fait encore rire celle-là: «J’espère que ça sera bien géré et qu’ils ne feront pas faillite!» Si ça peut rassurer les angoissés de nature, on ne paie pas ce prix-là pour ouvrir un Nickel’s, même si le local est mauditement bien situé sur la Main. Et, quand on regarde comment la carrière de Céline Dion a été gérée, on ne devrait pas trop s’en faire pour l’avenir de la place…

En pensant à Gomez et à Schwartz’s, je me suis posé une question : vous, si vous aviez à choisir entre10 M$ pour une place qui marche à planche et 7 M$ pour un joueur qui ne marche pas du tout, quel serait donc votre choix?

Vous voyez, c’est facile parfois de tout simplifier…

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Plus tard, après avoir regardé le match de football avec les amis et pris à cœur mon rôle de similipartisan d’un jour des Patriots, je suis rentré bien tranquillement à la maison. J’ai alors décidé de faire du temps supplémentaire en regardant l’entrevue d’Isabelle Gaston à Tout le monde en parle. Disons qu’après une journée aussi pleine de petits vides, de Gomez, de smoked-meat, de grosses pubs, de steppettes en paillettes et de chicken wings 9-1-1, ça a remis de l’ordre dans mes priorités en un rien de temps. Que pourrais-je rajouter sur ce qu’elle a raconté? Rien. Elle a tout dit. Pire, elle a même tout vécu. Il faut absolument rediffuser cette entrevue-là.

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Entendu : Aux alentours, le nouvel album de Marie-Pierre Arthur. En un mot : EXCELLENT. 

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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