Il y a 10 jours, gros max, j’étais tellement certain que Gilles Duceppe allait prendre la tête du PQ que «j’aurais mis ma mère au feu», comme le dirait Jean Perron. Toutes les planètes étaient parfaitement alignées, l’aspirateur avait été passé sur le tapis bleu qu’on allait dérouler pour le couronnement, et hop, ne restait plus qu’à attendre la prochaine bataille électorale.
Ici même, dans cette chronique, il y a à peine deux mois, je suggérais fortement à Pauline Marois de quitter dignement la barque du PQ tant les attaques venant de l’interne à son endroit étaient malsaines et odieuses.
Tout ça, c’était avant le week-end dernier. Ce matin, quand on analyse froidement la situation, ça a bien l’air que c’est Pauline Marois qui dirigera les troupes du PQ au prochain scrutin provincial. Et qu’à l’heure où vous lirez ces mots, Gilles Ducep-pe sera déjà en route vers la buanderie pour y laver sa réputation. Déroutant, que vous dites? Le terme affolant serait probablement plus juste!
De ce qui s’est passé au cours des derniers mois, on tirera quelques leçons. Premièrement, que la persévérance de Pauline Marois – j’avais utilisé le mot «acharnement» l’autre jour – aura fini par la servir. Il aura fallu qu’elle soit forte – et pas rien qu’un peu – pour pouvoir traverser un champ de mines aussi poivré.
Ensuite, que la meilleure manière de tuer un politicien n’est pas nécessairement de lui servir des ruades à répétition comme on l’a fait contre Mme Marois, mais seulement de laisser planer un simple doute comme on vient de le faire avec Gilles Duceppe. Parce qu’à l’heure où on se parle, rien ne nous prouve qu’il ait été le grand responsable de ce qui semble toutefois être une malversation en bonne et due forme. Comme rien ne nous assure du contraire non plus. Il est en plein là, le doute. À la fois tout petit et tout gros. Et ça semble bien suffisant pour terrasser n’importe quel homme politique, aussi attendu soit-il.
Pour une deuxième fois, Gilles Duceppe sera passé à un cheveu d’être le chef du PQ. Pour une deuxième… et une dernière fois. Quand un gars est pas dû…
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En voyant P.K. Subban s’engueuler sur le banc avec l’instructeur des défenseurs Randy Ladouceur pendant le match de vendredi dernier, je me suis imaginé comment tout cela aurait viré si Pat Burns avait encore été en poste. Pauvre P.K., il aurait eu un pied étampé dans le cul tellement longtemps…
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À voir : le documentaire Into the Abyss de Werner Herzog qui est présenté en exclusivité au AMC Forum. C’est l’histoire de deux gars d’une petite ville du Texas qui ont tué trois personnes pour voler une Camaro. L’un est condamné à mort et l’autre à perpète. Une manière de découvrir ce qu’on pourrait appeler la misère blanche américaine.
On parle souvent de la violence dans les grandes villes. Attendez de voir celle qui règne dans les petits bleds de l’arrière-pays. Là où tout le monde se promène avec une arme à la ceinture. Ils veulent faire croire que c’est pour assurer leur propre sécurité. Bien sûr…
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.