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Alberta: les grévistes refusent de s'arrêter

Rob Drinkwater - La Presse Canadienne

EDMONTON – Les agents correctionnels de l’Alberta n’ont montré aucun signe de fléchissement, samedi, face à une décision de la Commission provinciale des relations de travail déclarant leur grève illégale, et à des propos du vice-premier ministre selon lesquels les détenus ont saccagé au moins une prison.

Guy Smith, du Syndicat albertain des employés provinciaux, affirme que les agents oeuvrant au Remand Centre d’Edmonton et dans une autre prison à Fort Saskatchewan s’étaient engagés à poursuivre leur grève jusqu’à ce que des inquiétudes en matière de sécurité soient réglées.

«Nous les avons encouragés à demeurer forts, comme ils l’ont fait au cours des derniers jours. Et ils savent que les agents d’autres prisons de la province ont eux aussi [quitté leur poste]. Et en se basant sur ces faits, ils ont décidé de poursuivre [la grève]», a déclaré M. Smith samedi soir.

Depuis vendredi, les agents correctionnels d’au moins sept prisons ont quitté leur poste pour protester contre la suspension d’un employé du centre d’Edmonton s’étant plaint de questions liées à la sécurité.

Les prisonniers ont toutefois été confinés à leurs cellules et le personnel en grève a été remplacé par la police municipale ou des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et des superviseurs correctionnels.

Le vice-premier ministre Thomas Lukaszuk a refusé de dire si les agents seraient accusés pour avoir refusé de respecter l’ordre de la commission les forçant à rentrer au travail.

«Nous ne négocierons pas avec un syndicat qui continue de s’engager dans des activités illégales», a-t-il dit lors d’une conférence de presse convoquée rapidement à l’Assemblée législative.

«Nous utiliserons tous les moyens juridiques pour ramener l’ordre dans ces installations.»

Plusieurs centaines de membres de divers syndicats se sont rassemblés à l’extérieur des bureaux de la commission, samedi à Edmonton, alors que ses membres délibéraient à propos de la demande d’injonction réclamée par la province contre les grévistes.

La province affirme que la décision de la commission ne s’appliquait qu’aux deux prisons et qu’elle gérait séparément les actions syndicales dans les autres installations.

Aux dires de M. Smith, les agents ayant reçu l’ordre de revenir au travail sont tout à fait au courant des répercussions juridiques possibles.

Le syndicat des agents correctionnels affirme que la suspension d’un syndiqué, vendredi, était la goutte faisant déborder le vase pour certains des leurs qui se sont plaints de la conception de la nouvelle prison d’Edmonton.

Quelques jours avant l’ouverture de la prison, le syndicat dit avoir constaté de nombreuses erreurs de conception après l’avoir visitée.

Le ministre albertain de la Justice Jonathan Denis a mentionné par voie de communiqué, samedi matin, qu’il y aurait une enquête sur la grève, mais il a affirmé que le maintien de la sécurité publique serait la priorité de la province.

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