Généralement, les gars savent parler aux filles. Pour de vrai, ce n’est pas si compliqué. Il suffit de les prendre en égales, d’éviter les déclarations patriarcales, de ne pas les juger simplement sur la base de leur apparence, de ne pas les siffler comme un gros colon dans la rue. La plupart s’en sortent relativement bien en suivant ces quelques règles.
Un qui n’est pas si bon, pour parler aux femmes, c’est Stephen Harper. Apparemment, ses conseillers ne cessent de lui répéter qu’il doit travailler son électorat féminin. Il aurait ajouté quatre femmes à son cabinet pour se rapprocher de la gent féminine. Je dis «il aurait» parce que je ne sais pas trop comment ça se passe, dans les coulisses du pouvoir à Ottawa. Y a-t-il réellement quelqu’un qui dit : «On va nommer quatre chicks de plus, so on va avoère plus de chicks qui votent pour nous autres»? Est-ce aussi simple?
Les filles ne sont pas stupides : elles ne se mettront pas à voter pour toi juste parce que tu en as accepté quatre de plus dans ton équipe. D’autant plus qu’une femme ministre n’a jamais été garante d’une position féministe. On s’en rappelle, de la fois où Rona Ambrose, alors ministre de la Condition féminine sous Harper, a voté en faveur d’une motion rouvrant le débat sur le droit à l’avortement. Et ça, les filles, on veut pas ça. La plupart de nous, en tout cas.
Pour parler aux filles, mon Stephen, il faut être capable de se mettre dans leur peau. Comme Dustin Hoffman quand il raconte la fois où il a réalisé qu’on ne donnait pas de chances aux filles laides, parce que les critères de beauté qu’on érige en grandes vérités nous empêchent parfois de les considérer au-delà des apparences. Les filles craquent pour ce genre de discours, même si au fond, Saint-Exupéry a dit ça il y a plus de 50 ans, que l’essentiel est invisible pour les yeux. Si t’arrives à dire ça en versant une larme comme Dustin, tu gagnes un autre segment de la population.
J’ai même vu, non sans déception, des tas de filles partager sur Facebook des propos maladroitement réducteurs à l’égard de la femme qui disaient, en substance, que si ta blonde ne va pas bien, couvre-la de cadeaux et elle ira mieux, parce qu’«une femme est le reflet de son homme» (sic). Bon, ces paroles étaient attribuées à Brad Pitt, ça aide. Comme tu n’es PAS Brad Pitt, il te faudra faire mieux, Stephen.
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