À table

Les jeunes adultes accèdent moins à la propriété

Les maisons sont de moins en moins abordables, ce qui limite extrêmement l’accès à la propriété pour les jeunes ménages, révèle une étude rendue publique jeudi.

Il faut en moyenne dix ans aux jeunes couples pour accumuler une mise de fonds nécessaire à l’achat d’une première propriété. «Ce chiffre est effrayant, surtout quand on pense qu’en 2001, il fallait seulement 5 ans», a déploré Jean-Paul Filion, directeur principal de l’Association provinciale des constructeurs d’habitation du Québec (APCHQ).

L’accès à la propriété permet l’enrichissement des ménages, croit M. Filion. Au Canada, ceux qui possèdent leur habitation accumulent environ 300 000$ en capital au moment de leur retraite, contre 14 000$ pour les locataires, a-t-il dit, en utilisant les données fournies par la Société canadienne d’hypothèques et de logement.

Selon un sondage réalisé par l’APCHQ, 90% des 18 à 39 ans souhaitent devenir propriétaires, mais ils constatent plusieurs obstacles; une mise de fonds insuffisante, un prix élevés des habitations et des revenus trop limités.

Moins il y a de propriétaires, moins il y a de travaux liés à l’habitation, a rappelé François Bernier, directeur du Service économique et des affaires publiques de l’APCHQ «Jusqu’à présent, cette année, nous avons constaté une baisse de 20% des activités de construction en habitation, et cela va augmenter l’an prochain», a-t-il assuré.

Selon l’Association, Québec doit instaurer une politique nationale d’habitation, pour notamment augmenter l’accessibilité à la propriété. Le gouvernement est au courant de cette demande et des discussions sont en cours, a indiqué Yann Langlais-Plante, porte-parole au ministère des Transports, des affaires municipales, des régions et de l’occupation du territoire.

Analyse
Deux experts donnent leur opinion sur l’importance de l’accès à la propriété.

«Il faut préserver un équilibre entre locataires et propriétaires, mais ce qui est certain, c’est que l’accès à la propriété stimule l’économie et offre une option intéressante pour se générer un revenu de retraite» –Daniel Robillard, planificateur financier à la Banque Royale du Canada.

«Les ménages s’endettent souvent massivement pour accéder à la propriété. Il faut questionner cette obsession pour la propriété de la majorité, ce n’est pas le seul actif valable.» -Guillaume Hébert, chercheur à l’Institut de recherche et d’information socio-économique.


Débat: La conversion de logements en condo

La conversion de logements locatifs en condominiums et en copropriétés est une bonne chose, selon l’économiste de l’APCHQ, François Bernier. «De plus en plus de gens accèdent à des propriétés à Montréal de cette façon», témoigne-t-il. Aux yeux du chercheur Guillaume Hébert, de l’IRIS, la conversion a un impact très négatif sur les quartiers qui connaissent un embourgeoisement. «Les classes sociales qui ne peuvent se payer une propriété voient l’offre de logements locatifs diminuer, et sont ultimement obligés de s’éloigner de leur secteur», témoigne-t-il.

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