Une journée après que le couperet soit tombé sur Radio-Canada, son président-directeur général, Hubert Lacroix, a laissé entendre que l’abolition de 800 postes pourrait être insuffisante.
Hubert Lacroix, qui a pris la parole devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain hier, a expliqué que les coupures de postes annoncées mercredi avaient été décidées en fonction d’un scénario selon lequel Radio-Canada parviendrait à vendre pour au moins 125 M$ d’actifs.
Si ce scénario ne se concrétise pas, la SRC devra trouver une autre solution pour boucler son budget 2009-2010.
«Si le gouvernement ne nous permet pas de procéder à ces transactions ou qu’il ne nous permet pas d’en conserver le produit, nous devrons retourner à la planche à dessin, a déclaré M. Lacroix. Il sera alors impossible d’atteindre un équilibre budgétaire sans de nouvelles compressions encore plus profondes.»
M. Lacroix a indiqué que des mesures radicales qui auraient pour effet de «compromettre la nature même des services offerts» pourraient alors être envisagées.
Devant cette éventualité, le PDG de Radio-Canada n’a pu s’empêcher d’égratigner le gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui a refusé de lui accorder un financement temporaire pour aider la société d’État à sortir de la crise.
«Nous ne sommes pas en guerre contre le gouvernement, a-t-il précisé. Mais est-ce que cela veut dire pour autant que j’aime lire la rumeur qu’il envisage d’aider CTV, Canwest et Quebecor après avoir rejeté notre demande? Sûrement pas.»
Évaluation des actifs
M. Lacroix n’a pas voulu détailler les actifs que Radio-Canada pourrait mettre en vente dans les prochaines semaines.
«Nous allons devoir regarder notre parc immobilier, a-t-il dit. Nous n’avons pas encore identifié tous les édifices.»
Selon le plan du PDG de Radio-Canada, la société d’État demeurerait locataire des immeubles qu’elle aurait vendus et pourrait les racheter, dans 30 ou 40 ans, pour une somme symbolique.
Une autre solution serait de revoir certains contrats qui rapportent de l’argent à la société.