La société Imperial Ltéé (Esso) n’est pas un bon citoyen
corporatif, affirme une nouvelle étude de Léo-Paul Lauzon rendue
publique jeudi.
Le professeur du département des sciences
comptables de l’UQAM note que l’entreprise a réalisé, ces 20 dernières
années, «d’immenses profits au Canada (28 G$) à même nos propres
ressources», sans que cela profite réellement aux Canadiens et aux
Québécois.
Esso a aussi affiché un taux de rendement après impôt sur
le capital investi de 34 %. Cela s’est fait sur le dos des
automobilistes et avec la complicité des politiciens, d’après M. Lauzon.
«Ces gros profits, jumelés à d’importantes baisses d’impôts et
d’importantes subventions gouvernementales, ont-ils permis à
l’Impériale d’investir massivement et de créer des emplois? Oh que non»,
clame-t-il.
Ainsi, entre 1991 et 2010, le nombre d’employés d’Imperial Esso est passé de 14 702 à
4
969 (- 66 %). Le nombre de stations-services a diminué de 57 %, selon ses calculs. Signe que l’entreprise a peu investi au Canada, ses
immobilisations ont baissé de 5 % ces 20 dernières années, pour
atteindre 20,5 G$. Au contraire, 80 % des bénéfices générés sont allés
aux actionnaires. «Il est indéniable que l’Impériale-Esso a créé
beaucoup de richesse, sur le dos des consommateurs et des collectivités,
qui a été distribuée à ses actionnaires locaux, mais surtout étrangers
(ils représentent désormais 89 % de l’actionnariat).»
«Loin de créer de la richesse, ils nous appauvrissent collectivement […] Le Canada et le Québec sont l’exemple typique des pays colonisés», conclut Leo-Paul Lauzon. Ce dernier recommande ainsi la nationalisation partielle des ressources naturelles. Il n’a pas été possible de recueillir de
commentaires de la part de l’entreprise Imperial Esso et de
l’Association des producteurs pétroliers du Canada.