MONTRÉAL – Air Canada doit affronter de nouvelles turbulences, ses
agents de bord ayant rejeté, dimanche, une deuxième entente de principe,
puis déposé un avis de grève.
Les 6800 agents de bord du transporteur aérien pourront entrer en grève
ce jeudi, à 00 h 01, indique un communiqué de presse diffusé par le
Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente ces
employés.
Le syndicat a précisé que l’entente avait été rejetée dans une
proportion de 65,2 pour cent, sans toutefois préciser le nombre d’agents
de bord ayant voté.
Il s’agit de la deuxième fois que les agents de bord d’Air Canada
rejettent une entente de principe. En août, ils avaient refusé l’offre
de leur employeur, ce qui avait mené à la tenue d’une nouvelle série de
discussions, le mois dernier, en vue d’une éventuelle convention
collective.
Dans un communiqué de presse, le président de la composante d’Air Canada
du SCFP, Jeff Taylor, a expliqué que le rejet de cette deuxième
proposition démontrait le « degré de frustration des membres face à
l’attitude de la compagnie après des années et des années de
concessions ».
De son côté, Air Canada a affirmé, également dans un communiqué de
presse, qu’elle gardait bon espoir qu’un arrêt de travail soit évité.
L’entreprise a précisé qu’elle assurerait un horaire partiel advenant
une grève.
« Nous sommes déçus que deux accords préliminaires négociés en toute
bonne foi et recommandés unanimement par les représentants
démocratiquement élus de nos agents de bord n’aient pas été ratifiés, et
cette situation nous laisse perplexes », a déclaré le vice-président
général et chef de l’exploitation d’Air Canada, Duncan Dee.
Aucune des deux parties ne souhaite faire de commentaires outre ce qui
figure dans les communiqués de presse, qui ne précisent pas si les
négociations reprendront.
Un arrêt de travail prolongé semble peu probable.
Une grève des employés du service à la clientèle d’Air Canada avait pris
fin plus tôt cette année après trois jours, en raison de l’intention du
gouvernement fédéral d’adopter une loi de retour au travail.
La plupart des observateurs s’attendent au même scénario en ce qui à trait aux agents de bord.
Dans le communiqué de presse du SCFP, M. Taylor espère que la ministre
fédérale du Travail, Lisa Raitt, n’usera pas de la même menace d’une loi
spéciale.
« Nous demandons fermement au gouvernement fédéral de respecter notre
droit à la négociation collective et de ne pas intervenir
unilatéralement dans ce conflit », a-t-il affirmé.
Ashley Kelahear, une porte-parole de la ministre Raitt, a affirmé que le gouvernement était déçu par le résultat du vote.
« Le gouvernement examinera les possibilités s’offrant à lui, mais nous
tenons à dire clairement qu’un arrêt de travail est inacceptable à un
moment où l’économie est fragile », a-t-elle écrit dans un courriel,
envoyé dimanche.
Air Canada a annoncé qu’elle permettrait à ses clients ayant un vol
prévu au cours des six jours suivants de modifier les dates de leur vol
sans frais jusqu’au 15 décembre 2011.
Le syndicat pensait que la deuxième entente de principe serait
approuvée. Il disait avoir réussi à obtenir environ 80 pour cent de ce
que ses membres lui demandaient sur des questions touchant les salaires,
le régime de retraite, les périodes de repos de l’équipage, les
conditions de travail et les règles concernant l’exécution du travail.