Les étudiants occupent de plus en plus de place sur le marché du travail. C’est ce qu’indique une étude menée par la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).
Même si la fédération côtoie tous les jours des étudiants qui ont du mal à boucler leur fin de mois, elle a tout de même été surprise de ces résultats. «On a été surpris de voir que la moyenne du nombre d’heures travaillées est de 19 heures, affirme Martine Desjardins, présidente de la FEUQ. Il y a aussi une augmentation du taux d’emploi étudiant. Depuis les années 70 et jusqu’à maintenant, on est passé d’un taux de 25 % à 55 %. C’est énorme».
La recherche rappelle qu’une charge d’études à temps représente 45 heures par semaine (dont 15 heures de cours). À certaines périodes plus occupées, Mme Desjardins affirme que ce nombre peut atteindre 60 ou 70 heures.
De plus, 43,6 % des étudiants considèrent que leur emploi a un impact négatif sur leur rendement scolaire. Ainsi, un étudiant sur trois déclare que son emploi est la cause de l’allongement de ses études.
La FEUQ s’inquiète de ces chiffres d’autant plus que le gouvernement a annoncé une hausse des frais de scolarité de 1625$ en cinq ans, dès l’automne 2012. À cela s’ajoute le problème d’une aide financière aux études (AFE) qu’elle juge déconnectée de la réalité.
Le montant qu’un étudiant peut accumuler en travaillant sans se faire couper une partie des prêts et bourses de l’AFE est de 4 440 $, ce qui correspond à 11 semaines de travail à temps plein au salaire minimum. Ce montant n’a pas été ajusté depuis 2004, alors que 4 440 $ représentait 15 semaines de travail.
«Le salaire minimum a augmenté, ce qui est une bonne chose, malheureusement le programme n’a pas été ajusté, indique Mme Desjardins. Et 52 % des étudiants qui bénéficient du programme de prêts et bourses ont aussi une dette au privé».
Cela démontre, selon la présidente, que le programme ne répond pas aux dépenses réelles des étudiants.
La FEUQ demande un gel des frais de scolarité. Elle considère à la fois que le travail est une façon saine pour acquérir de l’autonomie. «Ça fait partie de notre culture […] Mais plusieurs études démontrent qu’au-delà de 15 heures, c’est un risque pour les études».
Une grève en février
De nombreux syndicats étudiants se réuniront en congrès ce week-end afin de discuter de l’éventualité d’une grève pour lutter contre la hausse des frais de scolarité de 1625 $ en 5 ans. L’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), qui sera présente, affirme que la mobilisation des étudiants avance bien. Selon son porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois, l’objectif est de déclencher la grève en février.