Éduc'alcool souhaite des tests d'haleine aléatoire
Éduc’alcool a publié lundi une analyse dans laquelle elle se dit favorable à l’instauration des tests d’haleine aléatoire (THA), et ce, même si le Barreau du Québec juge que cela contrevient aux droits individuels.
Selon Éduc’alcool, le recours aux alcotests même si rien ne laisse croire aux policiers qu’un chauffeur conduit avec des facultés affaiblies simplifierait leur travail. L’organisme croit également que cela aurait un effet dissuasif auprès des conducteurs.
«Avant de modifier le taux d’alcoolémie pour conduire, il faut accroître le sentiment que l’on va se faire pincer si on conduit avec les facultés affaiblies », insiste Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool.
À l’heure actuelle, un policier doit avoir des motifs raisonnables pour ordonner un test afin de vérifier si le taux d’alcool dans le sang du conducteur dépasse la limite légale de 80mg. Le gouvernement fédéral avait affirmé en mars 2010 qu’il songeait à modifier le Code criminel pour y inclure les THA à la suite de recommandations du Comité permanent de la justice et des droits de la personne.
Entre 2005 à 2009, les accidents dus à l’alcool ont causé en moyenne 31% des décès au Québec annuellement. Cependant, le nombre de décès sur la route où l’alcool est en cause diminue constamment depuis 30 ans.
«Personne nie qu’il y a des progrès, indique M. Sacy, mais encore beaucoup de gens jouent la comédie et trompent les policiers dans un barrage.»
Les données de l’OMS montrent que le Canada possède un des pires bilans routiers en matière de conduite avec des facultés affaiblies par l’alcool. Cependant, certains pays comme l’Irlande et la Nouvelle-Zélande ont instauré le THA et possèdent un bilan plus désastreux que le Canada.
«Les tests aléatoires ne sont pas une panacée et ça ne va pas régler tous les problèmes, reconnaît M. Sacy. Si on instaure cette mesure, mais que les policiers ne s’en servent pas et qu’il n’y a pas davantage de barrages, ça ne changera rien».
Le Barreau du Québec considère que ce type de dépistage aléatoire et sans motifs constituerait une atteinte aux droits individuels. «La contrainte de l’alcotest ou d’un appareil de détection ne devrait pas reposer sur le hasard ou sur l’arbitraire», a déclaré le Barreau en 2010.