Québec solidaire poursuit sa préparation et garde le cap sur de possibles élections générales au printemps 2014.
Le parti en avait déjà fait l’annonce lors de son congrès annuel en mai dernier. Rassemblés à Sherbrooke cette fin de semaine pour son Conseil national, les membres du parti ont gardé leur fièvre électorale.
«Nous nous préparons à toutes éventualités, justement parce que nous n’avons pas le contrôle des événements. Mme Marois peut décider de déclencher une élection, ou les partis d’oppositions peuvent voter contre le budget. On ne prend pas de chance. Donc on se prépare et on sera prêt pour une élection printanière», a affirmé Françoise David, coporte-parole de Québec solidaire en entrevue téléphonique dimanche.
Le parti a maintenant 62 candidats d’investis à travers le Québec et compte en présenter dans toutes les circonscriptions en tenant compte de la parité homme-femme.
Le parti n’a pas encore établi ses conditions pour approuver le prochain budget du gouvernement, mais émet clairement son désaccord envers l’orientation de la mise à jour économique présentée jeudi.
«Si l’orientation du budget est celle présentée dans l’énoncé budgétaire, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de nouvelles sources de revenus, outre que M. Marceau espère que l’économie ira mieux, et qu’il y a des compressions importantes dans les dépenses publiques, telle que dans la santé, l’éducation, les transports, la culture et l’environnement, etc… alors on va voter contre», a précisé Mme David.
Contrairement à la CAQ, qui a brandi la menace de voter contre le prochain budget si le déficit zéro ne s’y retrouve pas, Québec Solidaire reste prudent.
«Nous n’avons pas une religion du déficit zéro. C’est une situation souhaitable, oui, mais nous ne ferons pas un déficit zéro sur la base de la diminution de la qualité de nos services publics», a souligné Andrés Fontecilla, candidat dans Laurier-Dorion et coporte-parole de Québec solidaire.
Leur plan pour la prochaine année sera donc de convaincre le gouvernement «qu’il y a moyen d’atteindre le déficit zéro, non pas en coupant dans les dépenses, mais en allant chercher des revenus», disent-ils.
Pour ce faire, le parti proposera d’élaborer une taxe sur le capital des entreprises financières, d’abolir le crédit d’impôt sur le gain en capital, d’abolir le crédit d’impôt sur les dividendes et d’augmenter les redevances minières. En plus de ces mesures, il propose aussi la création de Pharma Québec et d’une assurance médicament publique et universelle avec lesquels ils estiment pouvoir économiser entre 1 et 2G$ par année.
Pour la première fois lors d’un conseil national, les membres de Québec solidaire ont dressé un bilan gouvernemental dans le but d’outiller ses associations en vue des prochaines élections.
«Pour nous, le gouvernement du Parti québécois est une grande déception. Surtout qu’il s’était présenté lors de la dernière campagne électorale avec des promesses sociales, environnementales et économiques qui laissaient présager un gouvernement progressiste et écologique. Nous avons pourtant constaté de sérieux reculs avec des compressions dans les programmes sociaux, dans les redevances minières et concernant la loi sur la protection du français et finalement la charte qui ne fait que diviser le Québec», regrette M. Fontecilla.
Un autobus de campagne qui n’est pas écolo
Pour la première fois depuis la création de Québec solidaire, le parti se munira d’un autobus de campagne lors des prochaines élections afin de faire la tournée du Québec pour laquelle il sera accompagné des représentants des médias.
«Nous avions déjà fait des ententes avec un fournisseur pour avoir un autobus de campagnes dans le cas d’élections automnales. Nous gardons cette entente. L’autobus nous attend, au garage, pour une prochaine élection», a précisé David Dubois, attaché de Québec solidaire.
Cependant, cet autobus ne sera ni électrique, ni hybride. «Nous avons fait des démarches, mais malheureusement, pour pouvoir offrir certaines conditions aux médias, il est impossible de se procurer un autobus hybride ou électrique. La technologie ne nous le permet pas actuellement. Nous avons tout de même fait le choix d’aller de l’avant avec l’utilisation de cet autobus», ajoute M. Dubois.
Élections partielles: vote par anticipation en cours
Le vote par anticipation dans Viau et Outremont, les deux circonscriptions où se déroule des élections partielles, a débuté dimanche et se poursuit lundi. Il ne reste donc que quelques jours avant le scrutin officiel du 9 décembre.
«Les derniers nouvelles que nous avons de ces deux circonscriptions, c’est que ça va bien. Il y a beaucoup de travail qui se fait», a affirmé Françoise David.
Le travail se fait toutefois de façon plus intense dans Outremont, alors que la candidate de Québec solidaire affronte le chef du Parti libéral, Philippe Couillard.
«Nous essayons très fort de dire aux électeurs progressistes et souverainistes d’Outremont que la solution de rechange à Philippe Couillard, c’est Édith Laperle, notre candidate.
Pour Québec solidaire, il est hors de question de laisse à M. Couillard un «billet gratuit» pour l’Assemblée nationale.
«Je ne pense pas que ce soit aux partis politiques présents à l’Assemblée nationale de décider à la place des électeurs d’un comté. La démocratie exige que toutes les options soient présentées à l’électorat», a souligné Andrés Fontecilla.
