Les patients autorisés à posséder du cannabis thérapeutique pourraient être interpelés par la police s’ils ne se conforment pas aux nouvelles exigences de Santé Canada.
Les 37 800 Canadiens qui consomment de la marijuana pour soulager divers problèmes de santé devront détruire tout leur stock et tous leurs plants acquis sous le Programme d’accès à la marijuana à des fins médicales, qui prendra fin le 31 mars.
D’ici au 1er avril, ils devront fournir un avis écrit confirmant qu’ils n’en possèdent plus, a averti Santé Canada vendredi dernier. Ils devront aussi indiquer la quantité de marijuana et de plants détruits, à défaut de quoi leurs coordonnées seront transmises aux forces de l’ordre.
Le nouveau règlement fédéral restreint maintenant l’achat de marijuana thérapeutique à des entreprises autorisées qui devront se soumettre à des exigences strictes en matière de sécurité et de qualité.
Les modalités de l’ancien programme auraient conduit à des abus graves et des conséquences inattendues sur la santé et la sécurité du public, affirme Santé Canada pour justifier ces nouvelles règles. «La valeur élevée de la marijuana sur le marché illicite accroît le risque de violation de domicile et de détournement vers le marché noir. De plus, ces lieux de production présentent souvent des dangers d’incendie et de prolifération de moisissures toxiques», a fait savoir par courriel Sean Upton, agent des relations avec les médias à Santé Canada.
Les nouveaux règlements sont en train d’être implantés de façon coercitive et punitive envers les patients, estime la Société pour l’accès au cannabis médical, un centre de ressources basé à Montréal. «Le nouveau règlement est une politique de crime déguisée en politique de santé», a commenté Adam Greenblatt, directeur général du centre.
Par ailleurs, les coûts augmenteront vraisemblablement pour les patients qui faisaient pousser leur propre cannabis. «Ça coûte environ 0,20$ par gramme en le faisant pousser chez soi», affirme-t-il. Santé Canada prédit de son côté un prix de 7$ par gramme par le biais des producteurs certifiés.
M. Greenblatt affirme de plus que les abus invoqués par Santé Canada sont extrêmement exagérés et ne concernent qu’une minorité de gens. «Santé Canada n’a d’ailleurs jamais mis de système de contrôle et d’inspection pour prévenir les abus», dénonce-t-il.
Plusieurs résidants de la Colombie-Britannique demanderont ce mardi une injonction en Cour fédérale pour continuer à produire eux-mêmes leur marijuana thérapeutique, ou mandater quelqu’un pour le faire.
Avec La Presse Canadienne
