À peine quelques mois après la fin de son mandat, l’ex-député de Laval-des-Rapides, Léo Bureau-Blouin, garde ses yeux sur la politique et annonce sa candidature à la présidence du Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ).
Qu’est-ce qui a initié votre décision de vous présenter quelques mois après la fin de votre mandat?
Ce sont les résultats de l’élection du 7 avril qui m’ont fait réaliser à quel point le Parti québécois (PQ) doit se renouveler, à quel point il doit changer son programme politique, clarifier ses positions sur la souveraineté. On a vu dans les récents sondages que le PQ n’est pas le parti le plus attrayant pour les Québécois de moins de 35 ans. Durant la prochaine élection, en 2018, ce sera la première fois dans l’histoire du Québec que 100% des moins de 40 ans n’auront jamais participé à un référendum sur la souveraineté. Je veux être de ceux qui vont changer le PQ, le transformer et faire mentir ceux qui disent qu’il n’est que le parti d’une génération.
Qu’est-ce que le PQ doit changer dans sa vision et ses structures, à votre avis?
Il faut actualiser le discours. Il faut être capable, premièrement, de parler de souveraineté. Dans la dernière campagne, même le PQ n’en a pas parlé et les gens avaient l’impression qu’on se cachait. Il faut s’assumer.
Plusieurs personnes se demandent quelle est l’utilité d’un pays dans un contexte de mondialisation. Au contraire, il y a de plus en plus de décisions qui se prennent dans les grands forums internationaux. Par qui préfère-t-on être représenté ? Par des politiciens canadiens à la Stephen Harper ou par des élus du Québec ? Il y a un fossé qui s’agrandit entre le Québec et le reste du Canada dans les grandes décisions internationales et il faut amener ce type de discours, ce type d’argument.
J’aimerais également amener l’idée qu’on puisse ouvrir le vote à la prochaine course à la chefferie du PQ, non seulement aux membres du parti, mais aussi à tous les sympathisants. Un peu comme l’ont fait les libéraux fédéraux. Ça permettrait de contribuer au renouvellent du discours.
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Est-ce que les jeunes sont écoutés au Parti québécois?
Je pense qu’il ne faut pas attendre qu’on nous laisse une place. Il faut prendre la place. Le PQ doit faire un plus grand espace aux idées, aux débats. Les jeunes représentent le tiers des votes dans les différentes instances du parti politique et deux représentants siègent au sein de l’exécutif de la formation politique. Le message que je veux porter là dedans, c’est que ce n’est pas aux plus jeunes générations de s’adapter au PQ, mais bien l’inverse. Je pense que la dernière élection nous l’a très clairement démontré.
Quel sera votre poids au sein du parti en comparaison à votre ancien titre de député?
Ce n’est pas la même chose. Plus personnellement, j’ai envie de m’impliquer, mais beaucoup moins activement qu’à titre de député. Je suis aux études et c’est ma priorité. Quand on s’implique dans le comité des jeunes, c’est une implication prenante, mais qui reste à temps partiel et bénévole. Le but d’un comité des jeunes, c’est d’amener de nouvelles idées, d’être capable de brasser la cage.
Élections
Le vote pour l’élection des représentants du CNJPQ se fera les 20-21-22 juin, à Québec.
