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Là, ça va faire!

Je vous ai déjà fait part de mon appui aux étudiants dans leur contestation. Sur le fond de la question du moins. Je n’ai toujours pas changé d’idée là-dessus. Il y a là, je le répète, un enjeu qui dépasse, et de loin, le simple terrain de l’éducation.

Cela étant dit, ça ne veut pas dire que j’endosse aveuglément toutes les stratégies de manifestation utilisées depuis le début du mouvement. Oh que non. Et de moins en moins, pour être franc.

Gabriel Nadeau-Dubois, le porte-parole de la CLASSE, refuse de condamner les méfaits commis par les parasites qui cochonnent l’action étudiante en invoquant que ce n’est pas son rôle de les dénoncer. Une pirouette digne d’un petit politicien. Quelle mauvaise stratégie. En agissant ainsi, il perpétue une pratique qui a fini par salir la perception que l’on a des syndicats de nos jours: protéger les extrémistes au détriment de ceux et celles qui s’impliquent de bonne foi. B-r-a-v-o…

En laissant aller et surtout, en refusant de dénoncer ceux et celles qui ne ratent jamais l’occasion de capitaliser (!) sur les actions des autres pour faire passer leur message tout aussi anarchique que primitif, on disqualifie la noblesse de la cause. Il s’agit-là d’un manque de jugement sérieux de la part d’un leader. Plutôt que de rallier un maximum de sympathisants autour d’une cause, on semble travailler davantage à grossir les rangs de ceux qui la critiquent. Y’a pas à dire, on l’a l’affaire…

J’appuie la cause étudiante mais…
Jamais, je ne tolérerai que l’on détruise du mobilier appartenant à la collectivité comme on l’a fait en barbouillant de rouge les portes de la cathédrale de Valleyfield.

Jamais je ne tolérerai qu’on lance des sacs remplis de briques sur les voies du métro de Montréal afin de perturber le service alors que des dizaines de milliers de travailleurs et travailleuses s’en allaient à l’ouvrage lundi. Le blocage de ponts m’avait déjà écoeuré il y a quelques semaines, l’action de lundi dans le métro me dégoûte encore plus.

Et je ne tolérerai pas non plus que l’on force la porte des bureaux de comté des députés pour ensuite terroriser des secrétaires et des réceptionnistes qui ont le malheur d’y gagner leur vie au quotidien de 9h à 5h.

Je ne veux pas vivre dans une province où des députés élus sont la cible de menaces de mort et qui sont pourchassés jusque dans leurs résidences.

Je refuse de vivre là où l’intimidation prédomine.

Je refuse de vivre dans un monde où l’on se tait et où on laisse aller les abuseurs de toute sorte.

Au nom de l’estime que je porte à la cause étudiante, je réclame que l’on fasse le ménage à l’intérieur du camp des manifestants. Que l’on pointe du doigt et que l’on dénonce ceux et celles dont le dessein n’a rien à voir avec la cause réelle. Une cause juste.

Déjà qu’on n’est plus capables de faire confiance à ce gouvernement, allons-nous être obligés d’éprouver de la méfiance envers ceux qui sont supposer le contester ?

***

Ça ne va décidément pas bien dans la CAQ. Il y a quelques mois, du moins dans les sondages, on était prêt à lui offrir la gouvernance de la province sans trop poser de questions. Gonflé par cet appui surréel, François Legault nous promettait alors de nous présenter bientôt une liste longue comme le bras de candidats « de prestige » pour la prochaine élection. Depuis, on attend et on attend encore. À chaque fois qu’on nous présente des coursiers pour le prochain scrutin, on a beau essayer d’en reconnaître au moins un, c’est peine perdue. Pour reprendre l’expression consacrée, si la tendance se maintient, la prochaine élection, elle se fera à deux partis. Tout ça pour ça…

***

Entendu de la part d’un employé de chez Schwartz’s la semaine passée : « Depuis que Monsieur Angelil a acheté le restaurant, y’a plein de nouveau monde qui vient. Lui, on l’a pas vu souvent, mais yé super correct. Sauf qu’y’a une couple de grandes gueules qui arrêtent pas de dire qu’ils sont chum avec lui et qui ont l’air de vouloir prendre le contrôle de la place. Eux autres sont plus tannants par exemple…» Requête de vieux client à Monsieur Angelil: pourriez-vous dire à vos supposés « meilleurs amis » (ils disent tous ça) que ce qui faisait le charme de l’endroit depuis toujours, c’est que tout le monde y était traité égal…

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