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La Banque du Canada baisse son taux directeur à 0,75%

La glissade des prix du pétrole a forcé la Banque du Canada à réduire son taux d’intérêt directeur mercredi, une décision étonnante qui montre à quel point les perspectives économiques du pays se sont affaiblies en quelques mois.

La banque centrale, qui n’avait pas touché à son taux directeur depuis septembre 2010, l’a abaissé d’un quart de point pour le faire passer à 0,75 %.

Selon elle, la rapide dégringolade du cours du pétrole engendre plusieurs incertitudes quant à la croissance économique du pays, un exportateur de brut.

“La forte baisse des prix du pétrole pèsera de façon marquée sur l’économie canadienne”, a écrit la Banque du Canada dans son Rapport sur la politique monétaire, qu’elle dévoilait aussi mercredi. “Étant donné la rapidité et l’ampleur du recul des cours du pétrole, il existe une incertitude substantielle quant au niveau probable de ces derniers et à leur effet sur les perspectives économiques du Canada.”

Le dollar canadien plongeait de 1,68 cent US à 80,92 cents US après l’annonce — son plus faible niveau depuis avril 2009, soit le mois de la dernière baisse du taux directeur avant celle de mercredi.

En général, les économistes s’attendaient à ce que l’institution ne bouge pas mercredi et misaient plutôt sur une augmentation du taux directeur à la fin 2015 ou en 2016.

La banque centrale a cependant prédit que l’impact de la chute du cours du pétrole porterait ombrage aux signes de vie économiques plus encourageants observés à l’extérieur du secteur de l’énergie — comme la hausse de la demande étrangère, la reprise des exportations et la croissance du marché de l’emploi.

“Le choc des prix du pétrole survient dans un contexte de croissance solide et plus équilibrée au Canada ces derniers trimestres”, a affirmé la banque.

(La Presse Canadienne)


L’effet pour le consommateur moyen

Métro a fait appel à Mathieu D’Anjou, économiste chez Desjardins, pour mieux comprendre ce que cela veut dire pour le Canadien moyen.

« Si une personne a un hypothèque à taux variable, ses frais d’intérêt vont diminuer immédiatement. Quelqu’un qui a à renouveler une hypothèque à taux fixe dans les prochains mois risque d’avoir un excellent taux», estime-t-il.

Il rajoute que, étant donné les conditions économiques, il est fort probable que la Banque du Canada maintienne ou baisse encore son taux directeur lorsque qu’elle révisera ce taux en mars.

L’économiste ne croit pas pour autant qu’il y aura une explosion du marché immobilier. «Va-t-il y avoir un gros effet sur l’activité ? Ça je suis moins convaincu, parce que, déjà, [le taux hypothécaire] n’était pas un frein à l’activité. Les taux étaient tellement bas que je ne pense pas que ça aille un impact majeur», juge-t-il.

(Jeff Yates)

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