Dimanche, je suis tombé en bas de ma chaise quand j’ai entendu le maire Tremblay parler de son projet de ligne téléphonique destinée aux Montréalais qui voudraient dénoncer les irrégularités et le gaspillage. C’est fou, je pensais que c’était justement pour offrir une administration rigoureuse et saine qu’il avait été élu lors des deux dernières élections! En évoquant la mise en marche éventuelle de ce service de dénonciations, M. Tremblay a lui-même fait un constat on ne peut plus cruel de son incapacité à continuer à diriger la Ville de Montréal.
Je n’aime pas particulièrement taper sur ceux qui ont fait le choix de la politique. La plupart sont des gens motivés à bien servir leur communauté. Jusqu’à preuve du contraire, Tremblay fait partie de ce groupe, quoi qu’il ait encore l’air relativement fou dans l’histoire de Zampino…
Quand on a besoin d’une ligne de «stools» pour exercer une forme de contrôle sur les employés de la Ville, qu’ils soient cols bleus ou cols blancs, c’est qu’on a un méchant problème de gestion. L’analyse est pourtant simple : si huit années au pouvoir ne suffisent plus pour mettre en place une organisation et un système de contrôle efficaces, on ne mérite pas de se faire confier un mandat de plus.
Malheureusement pour Montréal, et c’est peut-être ça qui est le pire, l’alternative ne se trouve pas du côté du petit maire Labonté. La politesse m’interdit d’en rajouter pour vous dire tout le bien (!) que je pense de ce politicien d’arrondissement sorti tout aplati d’une pile de tables de concertation.
À 194 jours du scrutin, l’avenir de Montréal est sombre. Dites-moi, qui possède une connaissance suffisante de l’appareil municipal pour constituer d’ici là une équipe assez solide pour assurer le fonctionnement correct de la prochaine administration municipale? Quel être sensé aura envie d’enfourcher une machine détraquée au risque de mettre en péril ce qu’il a de réputation? Qui aura envie de relever le défi de ramasser le fruit de ces années d’inepties? Qui voudra occuper le siège du maire après un tel gâchis? Qui, je vous le demande? Qui? Si vous avez une réponse, sortez-la tout de suite et criez-la haut et fort. Ça presse.