Vendredi dernier, on a abattu 67 pommetiers âgés d’une cinquantaine d’années sur la place Albert-Duquesne, à l’angle des rues Clark et Ontario. À l’été 2010, on retrouvera là la place de l’Adresse symphonique (!) qui fera, nous en sommes convaincus, le bonheur des mélomanes.
En attendant, pour faire passer des câbles souterrains et autres patentes du genre, ça a l’air qu’on n’avait pas le choix de procéder autrement qu’en pratiquant une coupe à blanc dans le mobilier urbain. Ah bon…
En 2009, alors que l’on fait courir des culs-de-jatte, que l’on redonne la vue à des aveugles et que l’on permet aux sourds de retrouver l’ouïe, on n’a pas été capable de faire dévier la trajectoire d’une couette de câbles ou d’un trottoir parce qu’un ingénieur l’avait ainsi tracé sur un plan. Re-ah bon…
Tout s’est fait vraiment vite dans cette histoire-là. Étrangement, quand on a l’intention de tailler une branche sur le mont Royal, on déplie la table de concertation en un rien de temps, mais là, rien. Pas un mot, pas un avis, pas une convocation, r-i-e-n. Si j’ai bien compris, quand le bulldozer de la culture passe, on se tasse. Jamais je n’aurais cru qu’un jour, on aurait à faire un choix entre la culture avec un grand Q et la culture des arbres. Ils disent que c’est ça, un choix de société…
Vous rappelez-vous comment on avait ri de bon cour quand on avait vu Herby Moreau déguisé en analyste sociopolitique sur LCN le jour de l’assermentation de Barack Obama? Du grand délire! La semaine dernière, le même réseau a atteint un nouveau sommet quand on a été chercher Sour Angèle pour commenter les tremblements de terre en Italie. Ben quoi, elle est née là… Vous allez dire qu’il n’y a qu’à LCN qu’on voit des affaires du genre? Tut tut tut, au même moment à RDI, c’est au chanteur Marco Calliari qu’on demandait de livrer ses impressions sur le séisme. Je sens que je vais défaillir…
Pendant que nous y sommes, il faudrait peut-être rappeler aux chefs de pupitre que Serge Lama n’a aucun lien de parenté avec le dalaï-lama. On ne sait jamais, dans le feu de l’action, réfléchir n’est pas toujours évident…