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Le retour du voyeur

Mon pèlerinage annuel à New York est fait. Pour moi, ce n’est pas un luxe, c’est un besoin primaire d’y aller au moins une fois par année. Pis lâchez-moi avec Los Angeles et Las Vegas je vous en prie, la Mecque de la culture nord-américaine, c’est encore New York et nulle part ailleurs.

Ça fait déjà un bail qu’on raconte que l’ambiance est de couleur moche-foncé à Manhattan. Incrédule, fallait que j’aille voir ça de visu. Ayoye! Dire que ça va mal au cube serait presque faire montre de réserve. La Statue de la Liberté en a les jambes molles.

J’ai vu un chic monsieur en paletot faire l’homme-sandwich dans le quartier des affaires pour offrir son hypothèque à rabais. Dans des restos où il est toujours impossible d’entrer, on pouvait choisir sa table. L’hôtel où je vais habituellement offrait ses chambres à moitié prix. Et le Virgin MegaStore de Times Square vivait ses derniers moments. Dans la vitrine, c’était inscrit : «Vente finale, encore 2 jours.» On invoquera que les ventes de disques sont à la baisse et que les gens préfèrent se rabattre désormais sur les spectacles live. C’est faux, complètement faux.

Les billets pour presque tous les spectacles sur Broadway sont présentement soldés à 50 % du prix régulier. J’ai vu Jane Fonda, absente de la scène depuis 46 ans, faire un retour, par ailleurs fort bien accueilli par la critique, devant une salle au tiers vide. Mon siège, acheté à rabais l’après-midi même du spectacle, était au beau milieu de la première rangée.

Pour le Off-Broadway, les salles étant plus petites, le problème d’achalandage n’est pas toujours aussi évident, mais j’y ai vu des décors qui se limitaient à une table et une couple de chaises sur un fond noir. C’est dans un de ces petits théâtres qu’un soir, un comédien est revenu sur scène pour demander aux 36 spectateurs présents de passer le mot à leurs amis parce que la compagnie qui l’engageait n’avait plus les moyens d’acheter de la pub. Misère, que je vous dis…

Ma voisine de rangée et moi l’avons applaudi très fort. Ensuite, je lui ai demandé son autographe. Pas à lui, à elle. C’est quand même pas tous les jours que l’on est assis à côté de Petula Clark après tout. Only in New York…

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