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Perdus dans la brume

Vous avez sûrement déjà remarqué qu’il y avait toujours une différence entre l’image qui nous est renvoyée par notre miroir et celle qu’on voit sur une photographie. Parfois, il faut même s’y reprendre à deux fois pour admettre que oui, c’est bel et bien notre face qui est là sur le portrait. Et c’est drôle, mais l’image que l’on se fait de nous est généralement la meilleure…

Après une superbe opération de promo-marteau comme seule notre industrie du cinéma en a le secret (ou les moyens, allez donc savoir…), c’est vendredi que sort enfin le film Dédé à travers les brumes.  Je dis enfin parce qu’il y a longtemps que ce projet-là est attendu. Pour plusieurs, avec une brique dans une main et un fanal dans l’autre.

L’idée de faire un film à partir d’une histoire aussi récente est audacieuse. Inévitablement, il y en aura qui vont relever des inexactitudes dans le récit. Ça s’inscrit dans l’ordre normal des choses, disons.

Pour Dédé, ils sont déjà quelques-uns à agiter leur mouchoir rouge colère. Le premier batteur trouve qu’il a l’air «d’un criss de taouin» (ce sont ses mots, pas les miens). Le dernier bassiste n’est pas davantage satisfait. Et l’unique gérant des Colocs, Raymond Paquin, estime qu’il a été «déguisé en gérant» bourré de clichés par le réalisateur du film. Ce qui étonne dans tout ça, c’est que ni l’un ni l’autre n’a pourtant été barbouillé dans le film. On voit le batteur tenir son bout devant un Dédé pas nécessairement gentil à son égard. Le bassiste choisit de demeurer avec le même Dédé qui en arrache dans sa création ultime, et Paquin fait tout ce qu’il peut pour sortir Dédé de sa spirale dépressive. Bon, OK, son ton est un peu ampoulé, mais après l’avoir entendu en entrevue, j’estime que l’on est
relativement près de la réalité.

L’histoire est ingrate parce qu’elle ne retient que l’essentiel des choses et des événements. Pour ceux qui s’estiment maltraités, ça doit être bien plate, mais ils ont au moins la chance d’être là pour se faire entendre. Dédé, de son côté, ne pourra plus jamais en rajouter.

N. B. : Dédé à travers les brumes est un très bon film et Sébastien Ricard y est excellent.

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