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Le vent qui tourne

Qui a dit que la campagne fédérale ne levait pas? Moi, je trouve qu’au contraire, il s’y brasse un paquet d’affaires. Pas nécessairement des choses toujours agréables à entendre et à renifler, j’en conviens, mais bon, puisqu’elles sont là…

Prenez l’accueil pour le moins froid que l’on a réservé aux artistes qui ont dénoncé les coupes dans la culture par le gouvernement conservateur. On constate maintenant que leur intervention dans le débat semble leur avoir fait autant de mal que de bien. C’est triste, mais c’est comme ça.

Je ne sais plus combien de courriels condamnant l’attitude de «ces b-s de luxe (sic) qui se plaignent toujours le ventre plein» j’ai pu recevoir. Ce qui m’a surtout frappé, c’est de constater à quel point on tapait sur le milieu culturel pour des problèmes de société bien réels, certes, mais qui n’avaient strictement rien à voir avec la condition des artistes et le financement des arts par l’État.

On se demande entre autres pourquoi on financerait la chose culturelle au moment où l’autoroute 30 reste inachevée. Quand ce n’est pas ça, on évoque le dérapage du CHUM. Sans compter l’inévitable argument terminal de la famine dans le monde qui devrait interdire à tous ceux qui mangent à leur faim, et ça inclut évidemment LES ARTISSES, de ne pas se sentir odieusement coupables. Wo, on se calme! Je ne suis pas sûr que des coupes de 45 M$ dans le financement de la culture pourraient régler tout ça demain matin…

Il reste que si le gouvernement Harper voulait faire mal paraître le milieu de la culture, il y est parvenu. Et ce n’est pas nécessairement en coupant certains subsides. Quand une bonne partie des citoyens finit par prendre ses artistes en grippe, on peut affirmer sans crainte de se tromper qu’il s’agit là d’une manifestation de désaveu tout aussi étonnante que sans précédent.

Connaissez-vous la maxime de Machiavel «diviser pour mieux régner»? Le gouvernement Harper, qu’il l’ait fait en toute conscience ou non, vient d’en faire une démonstration impressionnante. En langage de théâtre, on appelle ça avoir le sens du timing. En politique, ça devient le sens du punch. Et ça fait
très mal…

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