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Une première archive Snowden au Canada

TORONTO – La première base de données en ligne de documents classifiés dévoilés par Edward Snowden, ancien consultant de la National Security Agency (NSA) aux États-Unis, a été créée au Canada.

L’archive Snowden est un projet conjoint des Journalistes canadiens pour la liberté d’expression (JCLE) et de la faculté d’information de l’Université de Toronto.

Pour la première fois, des centaines de documents classifiés ont été indexés pour une recherche exhaustive en ligne.

Les JCLE y voient une ressource pour les journalistes, les chercheurs et les citoyens qui veulent en savoir plus sur les pratiques du gouvernement en matière de surveillance.

La base de données a été présentée mercredi à l’Université Ryerson de Toronto, après une discussion vidéo en direct avec M. Snowden et une table ronde sur les questions de surveillance au Canada.

M. Snowden a notamment fait valoir que les gouvernements ne devaient pas adopter des lois qui bafouent «tous nos droits et nos libertés» au nom de la lutte contre le terrorisme et de la crainte de «rares instances d’activité criminelle».

Questionné sur le projet de loi antiterroriste d’Ottawa, qui sera examiné à compter de la semaine prochaine aux Communes, il y voit une copie du Patriot Act des États-Unis.

M. Snowden a dit croire que la liberté valait un certain niveau de risque.

«Sous plusieurs aspects, les prisons sont l’inverse d’un château — vous êtes très en sécurité lorsqu’entourés de barreaux et de béton, mais je ne pense pas que la majorité des Canadiens veulent vivre comme ça, a t-il confié. Nous ne devrions pas adopter des lois qui nous font vivre dans des conditions qui s’approchent de ça, sur la simple base d’une rare menace de l’extérieur.»

M. Snowden s’est exilé en Russie depuis qu’il a rendu publics des documents hautement confidentiels de la NSA, l’an dernier.

Accusé en vertu de l’Espionage Act américain, il pourrait faire face à une peine de 30 ans de prison.

Mardi, l’avocat de M. Snowden, Anatoly Kucherena, a dit que son client voulait retourner aux États-Unis si on lui garantissait un procès équitable.

M. Kucherena a dit avoir fait équipe avec des avocats américains et allemands pour étudier le dossier.