Trois anciens collaborateurs du maire Gérald Tremblay ont été arrêtés mercredi soir et jeudi matin par la police pour des accusations de fraude, complot et abus de confiance.
Il s’agit de l’ancien bras droit du maire, Frank Zampino, de l’ancien président de la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM), Martial Fillion, et d’un collecteur de fonds d’Union Montréal, Bernard Trépanier.
Tous trois auraient notamment monté un stratagème pour donner des informations privilégiées à Paolo Catania pour avantager le promoteur dans le cadre du vaste projet immobilier du Faubourg Contrecoeur. M. Catania et plusieurs employés de son entreprise Frank Catania inc. ont aussi été arrêtés.
Il y a eu enrichissement personnel de M. Zampino et de M. Fillion et des sommes d’argent données à un parti politique, a indiqué Denis Morin, chef de l’escouade Marteau. Il précise que ce stratagème a fait perdre des sommes considérables à la SHDM, une société paramunicipale qui gère les actifs immobiliers de la Ville.
L’enquête Faufil a duré près de deux ans et demi. Elle a nécessité d’interroger 120 témoins et de récupérer près de 250 tétraoctets de données informatiques, dont certaines avaient été effacées, ce qui peut expliquer sa longueur. Elle intervient une semaine avant le début des travaux de la Commission Charbonneau qui se penchera sur la corruption et la collusion dans le milieu de la construction.
Le maire a réagi rapidement. «Je prends acte des arrestations de ce matin qui sont des faits graves», a-t-il déclaré. Il a aussi ajouté que les évènements datent de plusieurs années (2007) et que son administration avait pris les mesures nécessaires pour assainir la situation depuis.
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, convient qu’aucun scandale n’a entaché le mandat actuel du maire Tremblay. Mais il ajoute que c’est bien le maire qui a choisi ses anciens collaborateurs. «Il y a certains élus de la majorité qui ne vont pas bien dormir ce soir», a ajouté en point de presse, Anie Samson, leader de l’Opposition officielle, sans vouloir donner de noms.
Un des conseillers municipaux d’Union Montréal, qui trempait lui aussi dans la combine, pourrait avoir agi comme délateur, selon plusieurs journalistes bien informés. La police n’a toutefois rien voulu confirmer.
Qui paiera ?
Les frais juridiques encourus par l’ancien bras droit du maire Frank Zampino pourraient être payés par les citoyens étant donné qu’il était élu municipal au moment des faits, a confirmé le maire Tremblay. Il a toutefois précisé que la Ville pourrait, le cas échéant, demander leur remboursement si M. Zampino était finalement déclaré coupable.