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Droits de scolarité: Jean Charest demeure ferme pendant que la pression augmente

MONTRÉAL – La tension monte entre les étudiants qui s’opposent à la
hausse des droits de scolarité au Québec et le gouvernement Charest, qui
ne donne aucun signe de fléchissement.

Mercredi après-midi, quelques centaines d’étudiants en grève ont investi
l’édifice abritant les bureaux de Loto-Québec au centre-ville de
Montréal et ont refusé de quitter les lieux malgré l’injonction des
policiers. Ceux-ci sont ensuite intervenus afin de les expulser de
force.

Les étudiants avaient même érigé des barrières métalliques d’environ 2
mètres, du même type que celles que l’on retrouve parfois autour des
chantiers de construction. C’est d’ailleurs l’érection de ces clôtures
en pleine rue Sherbrooke qui a poussé la police à intervenir

Les policiers ont utilisé du poivre de Cayenne et de nombreuses bombes
sonores pour soutenir leur opération. Un nombre indéterminé
d’arrestations a été effectué en marge de l’événement.
Les étudiants se sont ensuite dispersés et regroupés plus loin pour
poursuivre leur manifestation.

Les différentes associations étudiantes avaient promis des actions
d’éclat dans les jours à venir. Celle de mercredi, pilotée par les
associations étudiantes en sciences politiques et en droit de l’UQAM,
visait plus particulièrement la Conférence des recteurs et principaux
des universités du Québec – la Crepuq -, dont les bureaux sont situés
dans l’édifice de Loto-Québec à Montréal.

Jusqu’à maintenant, 126 000 étudiants se sont prononcés pour la grève.
Les votes des 30 000 étudiants de l’Université Concordia sont attendus
dans les prochaines heures, tout comme ceux des cégeps Lévis-Lauzon et
Sainte-Foy, qui se prononçaient cette semaine.

Malgré tout, un peu plus tôt mercredi, le premier ministre Jean Charest
avait réitéré l’intention de son gouvernement d’aller de l’avant avec
l’augmentation des droits de scolarité – de 325 $ chaque année pendant
cinq ans.
M. Charest a affirmé que la décision n’était motivée que par un seul
facteur, soit de préserver la qualité de l’éducation post-secondaire.

« Et dans la solution proposée par le gouvernement du Québec, c’est
l’État québécois – à travers les contribuables – qui, à travers leurs
impôts, vont faire la part du lion en termes de financement des
universités et des collèges, a répété le premier ministre. Et nous
demandons aux étudiants d’assumer leur juste part. »

Le premier ministre a par ailleurs rejeté l’argument voulant que les
démunis et la classe moyenne voient leur accessibilité aux études
supérieures compromises.

« Tous ceux qui sont boursiers vont recevoir un montant équivalent
additionnel qui représente (l’équivalent de) l’augmentation des frais de
scolarité, pour protéger l’accessibilité », a soutenu mercredi le
premier ministre, de passage à Saint-Eustache, dans les
Basses-Laurentides.

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