OTTAWA — Cette campagne électorale sera la première depuis l’arrivée au pouvoir des conservateurs en 2006 que Stephen Harper fera sans son ancien ministre des Finances, son fidèle allié: Jim Flaherty.
Décédé subitement en avril 2014, peu après avoir quitté son poste de ministre des Finances, M. Flaherty était un bon communicateur, un militant rassembleur et un politicien dont la réputation à l’échelle internationale a contribué, selon certains, à redorer la performance économique du parti.
Alors que d’anciens ministres de grande notoriété, comme John Baird, Peter MacKay et James Moore, ont choisi de ne pas se présenter pour un nouveau mandat, l’absence de Jim Flaherty pourrait se faire ressentir plus que d’autres.
Longtemps, il a assuré aux conservateurs un gros nom dans la grande région de Toronto, un territoire désormais chaudement disputé. En 2006, il avait enlevé aux libéraux le siège d’Oshawa-Whitby, ce qui a donné au Parti conservateur une bonne mainmise sur la région de Toronto. Il a également été élu provincial et fédéral dans la région durant 20 ans.
Au cours de ces années, M. Flaherty a été une présence fiable et utile pour les conservateurs partout à Toronto, en plus d’aider d’autres candidats à s’y établir, a affirmé en entrevue un ancien collègue de Cabinet, Chris Alexander.
«Nous avons beaucoup plus de puissance en termes de députés dans la grande région de Toronto à cause de notre victoire de 2011, et tout cela, c’est une partie de l’héritage de Jim Flaherty», a-t-il ajouté. Chris Alexander est l’une de ces recrues de 2011. Il est éventuellement devenu ministre de l’Immigration.
«Il était un militant naturel et efficace, mais aussi une figure plus grande que nature pour tout le Canada — spécialement dans la région de Durham (à Toronto).»
«Il nous manque à tous, spécialement en contexte électoral, ce qu’il aimait tellement», a-t-il dit.
En plus de son impact régional, ses qualités de communicateur efficace sur les questions économiques manqueront certainement à M. Harper, surtout en ces temps incertains. La campagne électorale a commencé par des affrontements sur l’économie, ralentie par la chute des prix du pétrole notamment. Par conséquent, l’économie a accusé un recul durant les cinq premiers mois de 2015, et certains soutiennent que le Canada est entré en récession.
M. Flaherty avait gagné une crédibilité en finances en naviguant à travers de la récession de 2008-2009. Il a été remplacé par Joe Oliver, qui garde un profil plus bas.
Celui qui le remplacera sur le bulletin de votes dans sa circonscription, Jaime Watt, ne croit toutefois pas que l’absence de feu le ministre sera plus remarquée que celles d’autres conservateurs notoires.
Il considère aussi que M. Oliver a été un bon remplaçant au poste de ministre des Finances, qu’il a fait du bon travail sans essayer d’imiter le style de son prédécesseur.
