Partager son taxi avec d’autres passagers afin de réduire la facture, c’est ce que les propriétaires de taxis de Montréal proposent au gouvernement d’offrir aux consommateurs afin de moderniser l’industrie du taxi.
Reçu mercredi en commission parlementaire sur l’industrie du taxi à l’Assemblée nationale, Edgar El Kalaani, porte-parole du Regroupement des propriétaires de taxi de Montréal, a plaidé pour une «dérèglementation partielle» de l’industrie qui n’affecterait pas les propriétaires de taxis ayant emprunté de grosses sommes pour payer leur permis.
Il suggère notamment que les chauffeurs de taxi puissent prendre plusieurs clients – à différents points de départ – dans une seule et même course afin qu’ils se partagent la facture. Ces clients, qui auraient un point d’arrivée semblable, pourraient être mis en contact via une application pour prévoir leur course commune, a indiqué M.Kalaani, sans donner plus de détails.
Selon le porte-parole, cette mesure permettrait de réduire le nombre de déplacements des voitures de taxis dans la Ville, donc de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de réduire la pression exercée sur les infrastructures.
Leur proposition s’apparente à l’un des services de l’application Uber qui se nomme UberPool. Ce service, qui n’est pas encore disponible au Québec, permet aux utilisateurs d’Uber qui se dirigent dans une même direction au même moment de partager la course et les frais. Il a notamment été lancé à Toronto au début de l’année et permet aux clients de réduire les frais de leur course de 30%.
M. Kalaani a également suggéré au gouvernement que l’industrie du taxi puisse offrir une tarification modulée aux clients. Les tarifs (coût/kilomètre) seraient toujours fixés par la Commission des transports du Québec, mais pourraient être différents selon l’heure de la journée, le moment de la semaine ou en fonction des jours fériés. «Le client doit toujours savoir à l’avance combien va lui coûter sa course, mais le tarif pourrait être différent si on est le jour ou la nuit, par exemple», a expliqué le porte-parole.
Les propriétaires de taxis ont décrit, lors de leur allocution, la situation précaire dans laquelle plusieurs d’entre eux se trouvent, obligés de faire rouler leurs voitures 24 heures sur 24 afin d’en amortir les coûts. Les dépenses de fonctionnement d’une voiture sont de 555,27$ par semaine, en excluant le coût du permis, a fait savoir Edgar El Kalaani.
La Fédération des chambres de commerce du Québec, quant à elle, a proposé aux parlementaires plus tôt dans la journée de réduire la réglementation imposée à l’industrie actuelle du taxi et d’accroître celle qui concerne Uber. Elle soutient qu’il ne faut pas chercher à freiner Uber, qu’elle associe à «l’innovation», mais plutôt à adopter un nouveau cadre réglementaire pour toute l’industrie du taxi.
La commission parlementaire tiendra une dernière journée d’audiences sur le transport rémunéré de personnes jeudi. Le ministre des Transports, Jacques Daoust, devra ensuite trancher la question. Il souhaite notamment revoir le modèle et la règlementation actuelle pour l’industrie du taxi et encadrer les services d’Uber qu’il considère actuellement d’illégaux.
