Opinions
05:00 27 janvier 2020 | mise à jour le: 26 janvier 2020 à 20:47 temps de lecture: 4 minutes

Le grand rire bleu

Le grand rire bleu

Oubliez le gros nuage bleu foncé qui flottait au-dessus de nos têtes tout au long des années Harper, le Parti conservateur est en voie de devenir la troupe de variétés la plus comique au pays. En tout cas, juste à voir aller cette bande de joyeux lurons depuis quelques semaines, je me gondole la rate au quotidien en suivant leur extraordinaire feuilleton totalement psychotronique.

Commençons par Jean Charest. Un homme qui a toujours voulu mettre de l’avant ses talents de comédien, mais qui est, sans le savoir, un excellent danseur. Un pas en avant, deux pas en arrière, un petit coup à droite, un gros coup à gauche pis changez de côté, vous vous êtes trompé.

Tout était en place, les conseillers engagés, les vidéos de promos tournées et puis soudain… pouet-pouet-pouet-pouet, on range le pétard mouillé: Jean-le-magnifique bat en retraite avant même d’avoir commencé sa grande marche vers les sommets. Quand on dit avoir le sens du punch… Le pauvre raconte qu’il a découvert tout juste avant de plonger dans le creux que les bleus d’aujourd’hui étaient rendus beaucoup trop bleus pour lui, que les règles de la course étaient vraiment contraignantes et que, de toute façon, le temps allait lui faire défaut pour faire les choses correctement.

Tu parles d’un paquet de surprises, toi. Et surtout, pas un mot à propos de l’éléphant qui se cache dans son dos. Absolument hilarant…

Dans un même ordre d’idées, on a quasiment cru aux raisons invoquées par Pierre Poilièvre qui a, lui aussi, finalement choisi de ne pas se présenter dans le bloc de départ. Ce sympathique zig s’est rendu compte tout juste après avoir complété une tournée pour se faire connaître dans les médias qu’il était le père d’un tout jeune bébé, qu’il devait consacrer plus de temps à sa famille et que la fonction de chef de parti allait finalement gruger beaucoup trop de son temps. Jamais trop tard pour faire la toupie, le gars n’avait vraisemblablement pas eu assez de voir aller Stephen Harper pendant 11 ans pour y penser avant…

Et que dire de la désopilante Michelle Rempel Garner, députée du comté de Calgary Nose Hill (ça ne s’invente pas…) et toujours candidate potentielle à la chefferie, qui trouve que le français prend décidément trop de place dans la course au leadership et que l’on devrait consacrer davantage de temps pour parler des «vraies affaires». Cela dit au moment où la Terre entière sait très bien que le PCC a besoin de faire des gains au Québec pour espérer reprendre un jour le pouvoir. Sans parler de Peter MacKay, seul candidat officiel à ce jour, qui a besoin de deux télésouffleurs en guise de béquilles pour faire avancer son français plus que boiteux. Une farce, que je vous dis. Ou une joke, c’est selon…

La politique et ses gens n’en finissent plus de nous faire rire de bon cœur. Imaginez le portrait s’il fallait qu’un jour, Guy Nantel prenne la tête du PQ. Je veux être parmi les premiers à acheter un billet dans la rangée d’en avant.

•••

En cette période de date limite pour les échanges dans la LNH, la bipolarité du fan moyen du Canadien atteint des sommets. Si je comprends bien ce qui s’écrit un peu partout, il serait impératif d’échanger Price, Weber, Petry, Tatar, Domi et Kovalchuck en retour de futurs choix au repêchage. Or, ça fait des années que l’on chiale sur la qualité de nos sélections lors de l’encan annuel. Faudrait peut-être se brancher. Lançons ici un mot d’ordre: #calmezvousgangd’excités.

•••

Je sais que je suis un peu en retard, mais je voulais absolument souligner la performance époustouflante de la comédienne Marilyn Castonguay dans la pièce Les filles et les garçons, montée par Denis Bernard et présentée à guichets fermés à La Licorne jusqu’au 22 février. Seule en scène, la comédienne livre pendant presque deux heures un texte touffu qui ne lui concède aucun répit. Soyez sans crainte, malgré le côté athlétique de la chose, Marilyn Castonguay se donne avec justesse et sensibilité. La rumeur court qu’il y aura une reprise de ce spectacle la saison prochaine. Je ne saurais vous recommander davantage d’assister à cette magistrale démonstration de talent.

Articles similaires