Sylvain Ménard
06:00 7 octobre 2008 | mise à jour le: 7 octobre 2008 à 06:00 temps de lecture: 4 minutes

Que faisait Mulcair à Loft Story?

Avez-vous vu ce qui s’est passé à Loft Story l’autre soir ?  Non, je ne parle pas de l’éviction de Maude, la styliste qui affiche une nette préférence pour la crème glacée à la pistache. Quand même…  Non, moi c’est la présence de Thomas Mulcair, candidat néo-démocrate dans Outremont, qui m’a scié les deux jambes. Cherchez l’erreur…  

Un candidat supposément plongé jusque-là dans une campagne électorale qui prend le temps de siéger sur le panel d’une télé-réalité pour commenter le comportement d’Isabelle, la nouvelle bitch de l’an 5. Ben oui.  Faut dire que l’ami Thomas aime bien le Loft et qu’il l’écoute régulièrement. C’est ce qu’il a dit.  Alors, si c’est comme ça…

Information prise, c’est l’équipe du Loft qui a invité M. Mulcair pour faire un clin d’oil à un partisan-lofteur.  En effet, lors du premier gala, Arcadio, un résidant d’Outremont, avait laissé entendre qu’il voterait NPD lors des prochaines élections fédérales.  On a donc décidé d’inviter son candidat chou-chou pour lui faire un beau tata.  Un plus un font deux, c’est simple comme bonjour.  Mais est-ce bien le rôle d’une émission du genre d’offrir du temps d’antenne à un politicien en campagne ?

Interrogé sur la pertinence d’accueillir un candidat sur une télé-réalité au beau milieu d’une course électorale, le boss de la programmation de TQS, Robert Montour, a estimé qu’il n’y avait rien de mal là-dedans.  «Tant que je verrai tous les autres réseaux offrir leur chaise d’invité à tous les candidats sur toutes les émissions, je me demande bien pourquoi on devrait se retenir». Ça se défend.  Dans un monde où même l’animateur du débat des chefs interpelle le chef du Parti libéral par son prénom, on a intérêt à se préparer à tout et surtout, à garder l’esprit ouvert jusqu’à 21 heures, sept jours sur sept !

Cela étant dit, est-ce que l’équipe Mulcair aurait pu se garder une petite gêne en refusant poliment l’invitation?  Sûrement.  À ce jour, on n’a pas encore rencontré  un recherchiste de la télé qui avait expédié un subpoena à qui que ce soit.  

Mais, comme me l’indiquait l’attachée de presse du principal intéressé, participer au Loft permet à un candidat de rejoindre autrement des jeunes qui pourraient négliger d’aller voter.  C’est une manière de voir les choses.  C’est drôle, pendant des années, on faisait sortir le vote en s’attardant auprès de personnes âgées.  Là, on s’applique à cruiser les plus jeunes à peine sortis des cours de récréation pour remplir les urnes.  Les temps changent.  Il n’y a que les motivations des politiciens qui demeurent les mêmes.

Là où ça ne tourne plus rond par exemple, c’est qu’il n’y a plus aucune règle qui encadre la visibilité des candidats dans les médias. Fini le temps où il était interdit de faire de la publicité dans les journaux, à la télé et à la radio à la veille des élections.  Là, ça ressemble à un grand rodéo qui n’en finit plus.  Avec l’internet, les blogues et les candidats qui comptent leurs amis Facebook par milliers (salutations distinguées aux amis Denis Coderre et Justin Trudeau), il n’y a plus moyen de rien contrôler.  Les campagnes électorales sont désormais des foires qui foirent…  

Vous voyez, dans le fond, tout se tient.