Art de vivre
16:26 19 décembre 2012 | mise à jour le: 19 décembre 2012 à 16:26 temps de lecture: 3 minutes

Le SOS du quartier chinois

Le SOS du quartier chinois
Photo: Marc-André CarignanRue De la Gauchetière

La Ville de Montréal planche actuellement sur un projet de revitalisation du quartier chinois. Une initiative qui, dans son format actuel, ne semble pas séduire la communauté.

Trous dans la chaussée, immeubles vétustes, itinérance, éclairage inadéquat du domaine public… Les problèmes se multiplient sans cesse ces dernières années dans notre mythique quartier chinois. Ce dernier est de moins en moins invitant pour les touristes et peine à attirer de nouveaux commerçants.

C’est pourquoi la Ville de Montréal envisage un réaménagement partiel du secteur au cours de l’année 2013 pour tenter de le redynamiser. Au menu : remplacement du pavé et du mobilier urbain (bancs et lampadaires), ajouts de végétaux et mise en valeur de certains bâtiments historiques. Mais est-ce réellement suffisant pour relancer le quartier?

«On souhaite une planification plus ambitieuse, explique Jimmy Yu, directeur général de l’Association du commerce et des restaurants chinois du Québec. Regardez le nombre de commerces vides dans le quartier. C’est très inquiétant. La communauté d’affaires est vieillissante et la relève tarde à venir.»

Selon Jimmy Yu, ces travaux de réaménagement constituent un point de départ stimulant, mais restent tout de même très superficiels par rapport à l’ampleur de la problématique. Nos élus auraient avantage à pousser la réflexion encore plus loin en présentant une réelle stratégie de relance économique locale. «Le gouvernement chinois a promis d’installer l’un des plus grands consulats au monde à Montréal dans les prochaines années. Est-ce qu’on ne pourrait pas profiter de l’occasion pour devenir une porte de l’Est sur l’Asie, une terre d’accueil dans ce quartier pour les investisseurs?» poursuit-il.

Jean Marc Venne, designer urbain et conseiller stratégique, abonde dans le même sens. «Le quartier chinois est positionné dans la ville de Montréal de façon unique. On est à la limite du Quartier des spectacles, du quartier des affaires et du futur Quartier de la santé. La réflexion doit être plus profonde qu’une réhabilitation partielle de la rue De La Gauchetière.»

Le secteur pourrait refléter davantage la Chine d’aujourd’hui avec ses valeurs et son dynamisme, selon M. Venne. La communauté asiatique doit miser sur autre chose que son carcan folklorique, sans pour autant renier son patrimoine. «La difficulté avec ce genre de quartiers dans le monde, c’est qu’ils restent souvent figés dans le temps. Ils ne vivent plus, affirme-t-il. À Montréal, le potentiel réel de développement est énorme, mais il faut créer un dialogue fertile avec la communauté d’affaire, la Ville et peut-être même le gouvernement du Québec.»

Le quartier chinois peut-il véritablement devenir le prochain moteur économique de la métropole? Le défi est éléphantesque, certes, mais pas impossible. Reste à voir si le redéveloppement du secteur sera intégré aux plateformes électorales des principaux partis politiques pour le scrutin de 2013. Parfois, le pouvoir des élections peut être étonnant pour faire avancer certains dossiers…