Art de vivre

La cuisine autochtone s’invite à Montréal

La cuisine autochtone s’invite à Montréal
Photo: Métro

Manger des repas typiques de la cuisine autochtone est maintenant chose possible dans la métropole!

La chef micmaque Norma Condo a récemment ouvert le Miqmak Catering Indigenous Kitchen, un restaurant proposant une cuisine des Premières Nations à Pierrefonds. Il s’agit du deuxième établissement du genre à Montréal.

Originaire de Gesgapegiag, en Gaspésie, Norma Condo est chef depuis près d’une quinzaine d’années. Après avoir exercé sa profession aux États-Unis, elle est revenue au Québec, il y a quatre ans.

Depuis longtemps, elle souhaitait offrir des plats autochtones. «Je voulais pouvoir servir autant les Autochtones que les non-Autochtones pour leur montrer notre culture alimentaire, comment cuisiner et préparer nos plats traditionnels; c’est ma passion», indique-t-elle.

Mme Condo a d’abord eu un service de traiteur depuis sa résidence. Elle a déménagé ses activités dans une petite cuisine commerciale où elle pouvait installer quelques tables pour recevoir des clients sur le boulevard Gouin Ouest. À la fin de juin, le restaurant Miqmak Catering Indigenous Kitchen ouvrait ses portes à un public curieux et affamé.

Qu’y a-t-il au menu?

Le menu du Miqmak Catering Indigenous Kitchen est composé de plats traditionnels, comme des beignets au saumon accompagnés d’une relish à base d’algues de la baie des Chaleurs.
On peut aussi déguster une casserole algonquine Trois sœurs faite de maïs, de haricots et de squash, un légume de la famille des courges, servie avec de la polenta, une galette faite de farine de maïs.

On sert aussi du poulet Chippewa avec champignons et riz sauvage, une salade autochtone avec petits fruits, des tacos indiens et du pain bannique. Ce pain plat traditionnel, qu’on appelle luskinikn en micmac, est sans levain et préparé à base de saindoux, de sel et d’eau. À l’époque des premiers colons et des trappeurs, il était préparé avec des ingrédients trouvés dans la nature, comme des sirops faits de la sève des arbres et des farines de racines diverses.

On ne trouve pas de gibier sauvage dans le restaurant de la chef Condo, car les lois canadiennes obligeant les restaurateurs à cuisiner des viandes provenant d’animaux abattus en abattoirs industriels vont à l’encontre des principes de plusieurs chefs autochtones.

Les recettes de Mme Condo sont inspirées principalement de sa grand-mère. La chef tente maintenant de passer la tradition à ses cinq enfants, qui parfois lui donnent un coup de main en cuisine.

L’ouverture du restaurant a suscité un engouement certain, notamment en raison de son unicité. «Il y a des gens qui sont venus d’aussi loin que
Cornwall pour manger ici. C’est incroyable, je suis un peu dépassée par tout ça», s’exclame la restauratrice de 42 ans.