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16:49 27 novembre 2013 | mise à jour le: 27 novembre 2013 à 16:49 temps de lecture: 5 minutes

Élyse Lambert, sommelière: «Devenir une élite dans son domaine»

Élyse Lambert, sommelière: «Devenir une élite dans son domaine»
Photo: Archives Métro

Le Cinéma du Parc présentait cette semaine le film SOMM qui fait une incursion dans l’univers du Court of Master Sommeliers, la plus prestigieuse organisation du monde de la sommellerie. La sommelière québécoise Élyse Lambert la connaît bien puisqu’elle tente de décrocher le précieux titre de Master Sommelier.

La sommelière Élyse Lambert gravit les échelons de la sommellerie un à la fois. Meilleur Sommelier du Québec en 2004. Troisième position au concours Meilleur Sommelier du Canada en 2006. Meilleur Sommelier des Amériques  en 2009. Elle a par la suite accédé à la demi-finale au concours du Meilleur Sommelier du Monde en 2010. Elle fait maintenant partie du top 12 mondial. Beaucoup d’honneurs pour cette femme ambitieuse.

Ce n’est pourtant pas encore assez pour Élyse Lambert, qui a le désir de devenir une élite dans son domaine. C’est pourquoi elle tentera, en mai 2014, pour une cinquième fois, de décrocher le titre de Master Sommelier (MS). Elle et sa collègue Véronique Rivest espèrent devenir les premières sommelières québécoises à devenir Master Sommelier.

Mme Rivest cumule elle aussi les honneurs, notamment une deuxième place au Concours du Meilleur Sommelier du Monde, à Tokyo en mars dernier.

Après avoir atteint ensemble les trois premiers niveaux du Court of Master Sommeliers, elles se butent au quatrième et dernier niveau qui comprend trois parties : le service, la théorie et la dégustation (à l’aveugle).

Pour l’étape de la dégustation, lors de l’examen final, les sommeliers doivent déguster et identifier six vins, à l’aveugle, en 25 minutes. «La dégustation, c’est là où le bat blesse» pour la sommelière qui doit tout recommencer le processus du quatrième niveau parce qu’elle a échoué à ce test.

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Les deux Québécoises sont les premières à passer par le Court of Master Sommeliers et ce défrichage implique un obstacle majeur : elles n’ont pas accès à un mentor québécois qui pourrait les aider à se préparer adéquatement.

«Pour le quatrième niveau, on se rend compte qu’on a besoin d’avoir un mentor, d’avoir quelqu’un pour nous guider, soutient Mme Lambert. Si on veut pouvoir y arriver, ça prend quelqu’un pour déguster avec nous deux fois par semaine et nous donner le drill.»

La plus prestigieuse des distinctions
Le Court of Master Sommeliers a été fondé en 1969 et le titre de Master Sommelier est, à ce jour, la plus haute distinction dans le monde de la sommellerie. Un peu plus de 200 personnes dans le monde peuvent inscrire les lettres MS dans leur signature, dont seulement une vingtaine de femmes.

Les deux jeunes femmes ne sont pas les seules à devoir recommencer plus d’une fois l’examen final puisque le taux de réussite pour le Master Sommelier Diploma Exam est d’environ 10 %.

«Le nombre de personnes qui passent le quatrième niveau en un an, c’est environ le nombre de personnes qui montent l’Everest», dit-elle en précisant que cette année, sur les soixante-dix personnes qui ont tenté de décrocher le titre, une seule est devenue Master Sommelier. «Quand vous êtes rendu au quatrième niveau, vous avez déjà un bon bout de fait. Vous êtes au camp de base de l’Everest!» renchérit-elle.

Un défi important pour les deux sommelières, mais aussi un défi coûteux. Depuis le début du processus, Élyse Lambert dit avoir déboursé près de 40 000 $ en billets d’avion, frais d’inscription aux cours et aux examens, achat de vin pour les dégustations, etc.

«J’aurais pu me payer une belle BMW avec ça! Mais en ce moment, ce que j’ai, c’est mon p’tit bonheur», relativise la sommelière.

Est-ce qu’elle croit toujours que le jeu en vaut la chandelle? «Je le vois comme du dépassement personnel, comme le fait de devenir élite dans son domaine, de devenir une personne qui excelle. Je le fais pour moi parce que je pense que ça peut être important pour mes accomplissements personnels», répond-elle.»

Celle qui a déjà connu le stress des compétitions mondiales, notamment en participant au concours de Meilleur sommelier du monde en 2010, considère tout de même que le Court of Master Sommeliers est l’une des choses les plus difficiles qu’elle a faite en carrière. Mais, «advienne que pourra, je ferai tout ce qu’il faut pour y arriver», admet Élyse Lambert, convaincue.

En se préparant à décrocher le titre une fois pour toute, Élyse Lambert est sommelière consultante et travaille à temps partiel à la Maison Boulud, «juste pour garder la main et [s]’amuser».

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Les meilleurs sommeliers du monde

Le Cinéma du Parc présente, depuis lundi, le documentaire SOMM. Jason Wise, le réalisateur du film, suit quatre candidats au Court of Master Sommeliers, dans les semaines qui précèdent leur examen final. On voit comment ils se préparent à devenir des maîtres dans leur domaine.


Dernière représentation ce jeudi, 28 novembre, à 21 h 15
Au Cinéma du Parc

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