Art de vivre

_naturehumaine: le secret est dans l'escalier

Il y a deux semaines, l’Ordre des architectes du Québec présentait les lauréats de ses 26es Prix d’excellence en architecture. Parmi ceux-ci, l’agence d’architecture et de design montréalaise _naturehumaine. Métro a discuté avec l’architecte Stéphane Rasselet, chargé du projet primé.

L’architecte Stéphane Rasselet, responsable du projet Résidence de la Congrégation, a évoqué les particularités de cette maison unifamiliale construite sur un terrain vacant de Pointe-Saint-Charles qui ont orienté la conduite du projet. Le mandat était clair : construire une maison de deux étages dans une insertion urbaine, dotée d’un espace de stationnement avec entrée sur la rue.

La demeure devait aussi posséder des plafonds de 10 pi, un espace principal de vie à aire ouverte, un atelier et des puits de lumière à l’étage. Tout cela avec un budget, et certaines restrictions de la Ville, à respecter. Malgré toutes ces contraintes, Stéphane Rasselet a réussi à concevoir de A à Z une superbe maison contemporaine aux couleurs dominantes de blanc, de noir et de jaune ocre. «Il fallait créer une façade avant qui allait s’harmoniser avec les bâtiments environnants, souligne le concepteur du projet. On a donc opté pour un look plus conventionnel et de la maçonnerie. Pour la façade arrière, par contre, on avait carte blanche, donc on a pu explorer des lignes plus ludiques et utiliser des matériaux tels que des panneaux en fibrociment.»

Pour concevoir les espaces intérieurs, l’architecte a dû jongler avec le stationnement, qui occupait une partie du premier étage, et avec les autres demandes de ses clients. Afin de rendre l’espace de vie principal dynamique, Stéphane Rasselet a pensé à y introduire un escalier ouvert qui scinderait la maison en deux zones distinctes. «L’escalier est vraiment le cÅ“ur du projet, assure-t-il. Il vient découper le plancher du deuxième étage et cette découpe généreuse permet de créer des perspectives transversales de haut en bas. Ça rend vraiment la maison vivante.»

À l’étage, on retrouve donc d’un côté de l’escalier les espaces privés – la chambre à coucher, la salle de bain des maîtres et la salle de lavage -, et de l’autre côté, on trouve l’espace atelier, qui peut être soit ouvert ou fermé grâce aux portes coulissantes colorées.

Résidence St-Hubert
Un autre projet de l’agence _nature­humaine s’est aussi illustré en remportant l’un des Prix d’excellence en architecture de l’Ordre des architectes du Québec. Il s’agit du projet Résidence St-Hubert, qui a obtenu le Prix Marcel-Parizeau attribué à un projet dont le coût total des travaux n’excède pas 250 000 $. «On a travaillé à partir d’une maison d’un étage, qu’on a complètement refait à l’intérieur et à laquelle on a ajouté une partie à l’arrière, explique Stéphane Rasselet pour le compte de son associé, Marc-André Plasse, chargé du projet. Le client voulait ajouter un étage, mais la Ville ne le permettait pas.»

Les architectes ont donc décidé de jouer avec différents niveaux de palier afin de moduler l’espace. Ils ont aussi utilisé des matériaux bruts, peu dispendieux, tels que du revêtement métallique ondulé et de l’acier galvanisé, et ils ont laissé en place la structure du plafond.