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Géraldini Desmornes: exporter son art dans le monde

Géraldini Desmornes: exporter son art dans le monde
Photo: Collaboration spécialeGéraldini Desmornes, alias Dino

Jeune artiste de 23 ans qui a grandi à Rivière-des-Prairies, Géraldini Desmornes part à la conquête du monde avec ses toiles et ses paires d’espadrilles personnalisées.

Rappeurs, acteurs, chanteurs et YouTubeurs célèbres ont entre les mains et aux pieds plusieurs des œuvres de celui qui se fait appeler Dino. Débutant par des portraits réalistes, Géraldini Desmornes se dirige ensuite vers la peinture. Rapidement, les paires de chaussures deviennent son canevas de choix. Son inspiration, il la puise dans les dessins animés qu’il regardait quand il était enfant ou de célèbres personnages, comme Minnie Mouse, Mickey Mouse, le Joker de Batman ou encore M. Monopoly.

Avec les couleurs éclatantes de ses productions, difficiles, d’imaginer que Géraldini est daltonien, mais pour lui, «ce n’est qu’un détail». «La peinture, c’était difficile au début, mais j’ai travaillé fort et c’est devenu plus facile après», explique-t-il.

Un ami depuis 16 ans, Garrentz Célestin, raconte que «des fois, [il reçoit] en plein milieu de la nuit un appel de lui qui lui demande si les couleurs vont ensemble». Une anecdote qui fait rire Géraldini, qui ajoute que, sans ses amis, «les œuvres ne seraient pas les mêmes».

Un rêve qui devient réalité
Presque deux ans après avoir créé son compte Instagram ItsDinoArt, le jeune homme se fait repérer par Chris Brown. L’histoire commence alors qu’il peint un tableau en regardant en même temps un vidéoclip de l’artiste américain. Sans s’en rendre compte, «je dessinais son visage», s’amuse Géraldini Desmornes.

En remarquant la ressemblance, il décide de publier une photo de son œuvre sur Instagram en taguant le rappeur. Peu de temps après, «plus de 250 personnes» avaient également tagué Chris Brown. Quelques jours plus tard, le chanteur contacte Géraldini par message privé pour lui passer une commande. Un coup de pouce énorme pour sa
notoriété.

«Un jeune noir haïtien qui joue au basket et qui commence à faire des dessins, j’aurais pu croire qu’on allait mal me regarder, mais au contraire, tout le monde m’a soutenu parce que je suis resté moi-même.» Géraldini Desmornes, alias Dino

Depuis, les collaborations s’enchaînent, notamment avec le duo d’acteurs The Bell Twins. «Quand je vois tous ces gens qui voient des choses incroyables croire en moi, c’est juste fabuleux, ça me motive encore plus à continuer», soutient le jeune homme. Aujourd’hui, ce sont plus de 7000 personnes du monde entier qui le suivent sur le réseau social.

De la persévérance à revendre
Alors qu’il est «un peu tanné d’écouter le prof» en classe, il commence à dessiner pour passer le temps. Mais à cette époque, Géraldini Desmornes ne se voit pas encore faire carrière dans l’art. Il s’imagine plutôt comme joueur de basket professionnel. Il commence d’ailleurs le basket pendant qu’il est au primaire avec l’organisme Équipe RDP.

Son entraîneur, Lerebson Oscar, se souvient qu’au début le jeune sportif était un garçon «timide et très réservé». Selon ce dernier, son succès, il le doit à sa «persévérance, mais surtout parce qu’il ne se laisse jamais abattre». Pendant près de 10 ans, il a vu Géraldini «s’ouvrir, commencer à sourire et à parler».

Victime d’intimidation pendant son enfance, ce dernier sait qu’il a «bâtit [sa] confiance et trouvé [son] identité» grâce à ce sport.

Après avoir mis fin à près de 10 ans de pratique du basket, le jeune homme recommence à dessiner régulièrement et décide de publier ses œuvres sur l’internet. En voyant l’un de ses amis lui acheter un portrait 15$, il se rend «compte qu’il peut se faire un peu d’argent» avec sa passion.

Rêver en grand pour les autres
D’origine haïtienne, il arrive à Montréal, à Rivière-des-Prairies, avec sa famille à l’âge de six ans. Son avenir, il ne l’envisage pas sans aider ou soutenir sa communauté et les gens de son ancien quartier. «Souvent, je dis aux gens que je me vois très riche, ça les fait rire. Mais je ne veux pas faire ça juste pour moi, je veux amener du changement dans ma communauté et je ne peux pas le faire si je n’ai pas les moyens», explique Géraldini.

Outre son rêve de faire «plusieurs collaborations avec de grandes marques et des artistes», il aimerait un jour donner «des ateliers pour initier les jeunes à la customisation», et aider les artistes-peintres du Québec «à faire plus d’argent».

N’oubliant pas Rivière-des-Prairies même s’il a déménagé à Mascouche, le jeune artiste affirme que, s’il monte ce genre de projet, il le réalisera avec Équipe RDP.