Art de vivre
19:49 18 avril 2013 | mise à jour le: 7 août 2013 à 20:48 temps de lecture: 3 minutes

Des mannequins recrutées dans une clinique de troubles alimentaires en Suède

Des mannequins recrutées dans une clinique de troubles alimentaires en Suède
Photo: Urban Brådhe/Metro Sweden

Des adolescentes gravement malades, aussi jeunes que 14 ans, sont approchées par les agences de mannequins à Stockholm.

Selon des médecins, des agences de mannequins essaient de recruter les prochaines top modèles de Suède à l’extérieur de la plus grande clinique de troubles alimentaires du pays. «C’est absolument répréhensible. Ils se tiennent à l’extérieur de la clinique et essaient de recruter nos patientes parce qu’ils savent qu’elles sont très minces, reproche Anna-Maria af Sandeberg, docteure en chef au Centre de Troubles alimentaires de Stockholm. Ça envoie un très mauvais message alors que ces les filles ont vraiment besoin de soins.»

Le dernier incident est arrivé il y a un an, quand la clinique a été contrainte de changer ses règlements concernant les patientes qui allaient se promener à l’extérieur. «Les recruteurs courtisaient des filles gravement malades âgées de 14 et 15 ans», dit Christina Lillman-Ringbor, coordonnatrice des soins à la clinique.

Certaines patientes ont un indice de masse corporelle (IMC) aussi bas que 14. À titre de comparaison, une personne adulte saine devrait avoir un IMC entre 18,5 et 24,9, ce qui est un ratio entre le poids et la grandeur de la personne.

La clinique s’occupe de 1 700 patients en tout temps, avec comme objectif de «contrôler l’anorexie et la boulimie». Selon son site internet, le centre offre des services ambulatoires, une clinique de jour et des hospitalisations, en plus d’une unité mobile, une école et deux appartements pour des traitements familiaux.

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Témoignage. Angelica Karlsson : «J’étais très malade et ils m’ont dit que j’étais sur la bonne voie»

Angelica Karlsson attendait un taxi à l’extérieur de la clinique de troubles alimentaires de Stockholm quand un homme travaillant pour une des plus grandes agences de mannequinat du pays l’a approchée et lui a donné sa carte d’affaires. «Veux-tu devenir une top modèle?», lui a-t-il demandée.

Treize ans ont passé depuis que les troubles anorexiques ont mis Angelica en danger. Elle était une patiente du Centre de Troubles alimentaires de Stockholm. «J’étais sévèrement sous-alimentée et en congé maladie de l’école. Les médecins m’ont dit que je serais vouée aux soins si je ne buvais pas les boissons nutritives qu’on me donnait», dit-elle à Métro.

Mais quand elle a reçu l’invitation de l’agence de mannequins, elle s’est tout de même dit qu’elle était «sur la bonne voie».

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Ce n’était pas la première fois qu’Angelica était approchée par une agence de mannequin pendant qu’elle était malade. Une fois, un recruteur est venu la voir à la station de métro près de la clinique. Elle affirme qu’il est loin d’être le seul qu’elle a repéré. «Il n’est pas difficile de trouver des filles à qui c’est arrivé. Beaucoup ont reçu des offres.»

Après l’incident avec l’agence de mannequin, les parents d’Angelina ont trouvé un centre de traitement en campagne, dans la région de Dalécarlie, à quelque 30 km au nord de Stockholm. Ce fut le point tournant pour elle. Aujourd’hui, Angelica est complétement rétablie, mais elle ne peut plus regarder des défilés de mode. «Ça me fait sentir si mal. Ce n’est pas parce que je veux leur ressembler, mais parce que je trouve qu’elles ont l’air malade.»