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03:00 19 août 2009 | mise à jour le: 19 août 2009 à 03:00 temps de lecture: 3 minutes

Enseigner une langue seconde: la passion de la langue

Dans un monde sans frontières, la maîtrise de plusieurs langues est un atout. Les personnes qui ont à enseigner ces langues secondes ont donc un rôle essentiel à jouer, puisque ce sont eux qui transmettent la passion d’une langue étrangère.

«Ces enseignants sont les représentants de la richesse, de la beauté et du dynamisme d’une langue. Ils ont une immense responsabilité, explique Ma­rie Larivière, directrice de l’Association canadienne des professeurs d’immersion. En fait, il faut plus qu’enseigner la langue, il faut la faire vivre.»

Stratégies gagnantes
Pour la faire vivre, il existe plusieurs stratégies enseignées dans les programmes universitaires, qui vont permettre au professeur d’intéresser les élèves à l’apprentissage d’une langue seconde.

Mais la mise en place d’activités interactives touchant le quotidien des étudiants reste la stratégie gagnante. «C’est d’ailleurs un des points intéressants de la réforme québécoise de l’éducation, estime Miche­line Schinck, présidente de la Société pour la promotion de l’enseignement de l’anglais, langue seconde, au Québec. Elle permet justement de répondre à ces exigences.»

Si les intervenants reconnaissent la qualité de la formation universitaire offerte aux aspirants, ils soulignent tous que la passion pour la langue enseignée doit être au cÅ“ur de la démarche des futurs professeurs. «C’est plus qu’une langue que l’on enseigne, c’est aussi une culture», ajoute Nicole Thibault, directrice générale de l’As­sociation canadienne des professeurs de langue seconde. «C’est là le grand défi de l’enseignement, mais aussi la clé de la réussite.»

L’immersion, une méthode efficace?
Même s’il existe plusieurs stratégies pour l’enseignement d’une langue seconde, l’immersion reste la méthode la plus efficace. Mais l’est-elle autant pour ceux qui désirent enseigner une langue seconde?

Si Nicole Thibault ne tarit pas d’éloge sur ses bienfaits sur l’apprentissage linguistique d’un étudiant, elle est plus réservée sur l’impact qu’elle pourrait avoir sur celui qui désire enseigner une langue seconde. «Je pense que le meilleur professeur est celui qui enseigne sa langue maternelle. Parce qu’il la parle depuis toujours, qu’il connaît ses subtilités, ses sensibilités. Il peut faire vivre la langue mieux que l’immersion peut le faire, et ça se ressent dans l’enseignement.»

C’est d’ailleurs une situation que connaît le Canada anglais dans son enseignement du français. «Les cours sont souvent dispensés par des francophiles qui ont appris la langue et non pas par quelqu’un qui la parle depuis toujours, ajoute l’ancienne professeure d’immersion en français. Il y a donc tout un dynamisme dans la langue qui n’est pas présent.»

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