Art de vivre

Défier les préjugés une cause à la fois

Défier les préjugés une cause à la fois
Photo: Collaboration SpécialeL’implication communautaire peut être un moyen efficace d’intégration sociale.

Portrait. Conférencière, bénévole, lauréate de la Médaille du Lieutenant-gouverneur général et signataire du livre d’or de l’hôtel de ville de Montréal, Audrey-Anne Pouliot est une jeune étudiante issue de la neurodiversité, et elle n’entend pas céder sa place de sitôt.

À cinq ans, Audrey-Anne Pouliot est diagnostiquée d’un trouble du spectre de l’autisme. Son engagement communautaire l’aidera toutefois à devenir plus sociable au secondaire. Maintenant âgée de 19 ans, elle termine sa dernière année en formation préparatoire au travail à l’École Pierre-Dupuy tout en poursuivant son bénévolat.

«Oui on vit avec le syndrome du spectre de l’autisme, mais ce n’est pas parce qu’on naît avec ça que l’on ne peut rien faire.»

Audrey-Anne Pouliot

Qu’est-ce que votre bénévolat vous a apporté ?
Il y a eu une certaine évolution de ma personne au fil des années. Je regardais les gens autour de moi et j’ai voulu devenir comme eux tout en développant ma personnalité. Au secondaire, j’étais réservée et timide. J’ai commencé à m’impliquer dans les activités parascolaires comme la chorale, la musique, les spectacles, la radio étudiante et les sports. C’est en partie grâce à cette implication que j’ai commencé à prendre ma place. Mon diagnostic a alors été réévalué à «autisme léger». Ensuite, j’ai commencé à faire des conférences dans des maisons de jeunes pour témoigner de mon parcours et pour expliquer ce qu’est l’autisme. Je fais aussi du bénévolat lors d’événements à l’école comme la remise de diplôme, les spectacles, les galas, etc. J’ai fait un stage au Robin des Bois, un restaurant à but non lucratif, et j’ai réalisé que j’aimais travailler avec le public. Chaque année, je fais aussi du bénévolat pour une cause qui me tient à cœur, comme l’autisme. J’organise des bazars pour l’école L’Étincelle et je me porte toujours volontaire pour la cause. Ça me permet d’acquérir de l’expérience sur le marché du travail en vue d’occuper un bon emploi par la suite.

Parmi tous les prix que vous avez gagnés, lequel vous rend le plus fière?
La médaille du Lieutenant-gouverneur du Québec. J’ai reçu la lettre à l’âge de 15 ans, mais j’ai eu ma médaille à 16 ans. Je me suis dit : «Voyons donc, une personne atteint du spectre autistique qui a gagné la Médaille du Lieutenant-gouverneur général juste pour son implication à l’école et dans la communauté ?» Je ne m’y attendais vraiment pas !

Si vous aviez un conseil à donner à un jeune comme vous, ce serait lequel ?
Je lui dirais : je sais que c’est difficile, j’ai eu ton âge, je suis passé par là et j’ai eu des difficultés comme toi, mais si je suis passée au travers, toi aussi tu en es capable. Il faut que tu aies confiance en toi. Entoure-toi de bonnes personnes qui seront là pour t’encourager et non te dénigrer ou te détruire. J’aimerais dire aux parents d’enfants autistes de persévérer et de garder espoir malgré les hauts et les bas, de les encourager en gardant mon récit en tête.

En rafale

Votre livre préféré?
Être autiste et ado,
par Josiane Caron Santha

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Toronto

Montréal en trois mots?
Touristique, divertissante et multi-ethnique