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Architecture pour un bâtiment plus vert

Architecture pour un bâtiment plus vert
Photo: Getty Images/iStockphotoLes tenants de l’architecture durable ont pour préoccupation de construire des bâtiments respectueux de l’environnement et de l’écologie.

Plusieurs architectes choisissent de bonifier leur formation universitaire avec des certifications en conception durable. Une tendance qui risque de devenir la norme dans le monde de la construction au cours des prochaines années.

Francis M Labrecque n’était pas le garçon qui dessinait des maisons dans ses cahiers d’école. À la croisée de l’esthétique et de la science, l’architecture lui a pourtant offert la combinaison parfaite de ses intérêts.

«Construire des bâtiments, c’est de la science. La technique implique aussi des aspects sociaux et esthétiques. Ces trois éléments composent une architecture pertinente, qui est belle et qui va rester belle», résume Francis M Labrecque, architecte et Designer Maison Passive Certifié à L’Atelier L’Abri.

L’architecte s’est spécialisé par la suite en design durable après ses études, en étudiant en Allemagne et en fondant l’Atelier L’Abri, reconnu pour ses maisons vertes. «L’université met plus l’accent sur le design et l’apprentissage des outils  de base. La réalité, tu la vis après, dans tes premiers projets au bureau», estime Francis M Labrecque.

La maison passive

Il a d’ailleurs complété la certification Passivhaus donnée chez Maison Passive Québec, à Montréal. D’une durée de 10 jours, le cours s’adresse surtout aux professionnels de la construction. «Ce n’est pas une certification facile à obtenir. Il faut de la rigueur et connaître les grands principes», explique-t-il.

Étant l’une des normes les plus sévères au Québec en matière de construction écoresponsable, la certification Passivhaus est l’un des meilleurs indicateurs de respect de l’environnement et d’efficacité énergétique à ce jour.

«Si on devait résumer l’architecture durable; elle consiste à remettre en lien l’homme et la nature.» – Manuel R. Cisneros, architecte à Sid Lee Architecture et professionnel LEED.

Actuellement, seules deux maisons Passivhaus ont été construites au Québec. «C’est plus difficile à adopter à grande échelle, parce que le climat québécois est très froid. On voit plus de maisons de ce type dans les environnements plus tempérés de Vancouver et de Seattle par exemple», précise Francis M Labrecque. L’Atelier Abri amorce d’ailleurs la construction d’une nouvelle maison Passivhaus à Bromont cet automne.

LEED: la base de la construction durable

Durant ses études à l’Université McGill, Manuel R. Cisneros a été vivement intéressé par l’architecture durable. «Je me suis rapidement demandé comment imaginer de beaux bâtiments qui seraient aussi intelligents et responsables.» Pour un concours étudiant à Washington, il a contribué à la construction en trois jours d’une maison solaire autosuffisante. Il a par la suite étudié les méthodes de développement durable à Shanghai avec un mentor qui lui a montré les rudiments de la certification en qualité de l’air, ainsi que la technique ancestrale de la terre écrasée en Chine, qui donne des murs plus résistants que le béton.

De retour au Québec, Manuel R. Cisneros a tiré profit de la formation continue obligatoire que doivent suivre les membres de l’Ordre des architectes pour se doter de la certification LEED octroyée par le Conseil du bâtiment durable du Canada. Cette distinction est autant accordée aux édifices qui remplissent ses critères qu’aux professionnels qui maîtrisent ses principes.

Un bâtiment certifié LEED respecte une liste d’objectifs quantitatifs précis en matière d’espace alloué au vélo, de superficie de toits verts et de qualité de l’air, entre autres. «Elle structure la pensée de l’architecte. Mais il ne faut pas oublier qu’on peut très bien faire un bâtiment plus écologique que LEED. Tu gagnes des points, mais ces critères devraient en fait être la base», croit Manuel R. Cisneros.

Tous les deux ans, le concepteur suit des cours en développement durable. «Ça prend une implication personnelle, parce que, dans les écoles, ce n’est pas encore assez enseigné.» Il estime qu’une formation en bio-ingénierie à l’École de technologie supérieure (ÉTS) ou en gestion du développement durable à HEC Montréal représente aussi de bons compléments à l’architecture. «À l’avenir, il faudra collaborer davantage avec des ingénieurs en simulation énergétique pour améliorer l’efficacité et faire des analyses de cycle de vie du bâtiment, par exemple», détaille-t-il.