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03:30 3 décembre 2019

L’orthopédagogie expliquée

L’orthopédagogie expliquée
Photo: MétroLes orthopédagogues sont sur la première ligne d’intervention lorsque les enfants présentent des difficultés d’apprentissage.

Les orthopédagogues sont des spécialistes des sciences de l’éducation qui interviennent auprès des élèves nécessitant des stratégies d’apprentissage adaptées à leurs cas particuliers.

Lorsqu’en lecture, en écriture ou en mathématiques des défis surviennent et persistent, les orthopédagogues sont parmi les premières ressources à consulter.

«Nous sommes des pédagogues spécialisés, exprime d’emblée Mathieu Labine-Daigneault, orthopédagogue et directeur général de l’Association des orthopédagogues du Québec. Notre profession est influencée par la psychologie et la didactique, entre autres choses.» 

Bien qu’ils ne posent pas de diagnostics, ceux-ci étant réservés aux médecins et aux psychologues, les orthopédagogues évaluent les problèmes d’apprentissage et émettent des hypothèses. Ils établissent ensuite les méthodes à mettre en place et stimulent la motivation scolaire. «Pour l’évaluation, on peut faire passer plusieurs sortes de tests, mais ça peut être aussi une série d’observations qu’on mène pendant une tâche ou un exercice», indique M. Labine-Daigneault. 

Au besoin, l’orthopédagogue dirige l’apprenant vers ses collègues: orthophonistes pour le langage parlé, psychologues, ergothérapeutes, etc. 

Troubles ou difficultés? 

Les difficultés d’apprentissage sont ponctuelles et s’expliquent par des facteurs socioculturels ou affectifs. Les troubles, quant à eux, sont permanents. Il peut s’agir de dyscalculie, de dyslexie ou de dysphasie. «Le trouble est un élément spécifique d’une fonction cognitive, indique le directeur. Au niveau du cerveau, on peut presque l’observer avec une IRM et on ne peut pas le changer. La difficulté, elle, est souvent contextuelle et peut apparaître à n’importe quel moment.» 

Lorsqu’on détecte chez l’enfant une grande réticence vis-à-vis de l’école et des tâches connexes comme les devoirs, il n’est jamais trop tôt pour consulter un orthopédagogue. «Oui, c’est normal chez plusieurs enfants d’avoir ce sentiment-là, car l’école, c’est nouveau, mais c’est à surveiller si ça continue», affirme M. Labine-Daigneault. Parmi les autres signes, on note des difficultés à jouer avec les sons des consonnes et des voyelles ou encore des confusions persistantes en calcul. «Si l’apprenant est pris en charge rapidement, on a plus de chances d’établir les bons outils pédagogiques et de faire progresser l’enfant», poursuit-il.

Ayant comme mission de rendre plus aisées des notions complexes pour les jeunes, les orthopédagogues travaillent généralement dans les écoles primaires et secondaires.

Des attentes réalistes 

Le travail de l’orthopédagogue se termine lorsqu’une réussite de qualité est atteinte. «Ce n’est pas forcément la note de passage, insiste le directeur. Tout dépend d’où est parti l’enfant. On vise une amélioration par rapport à soi-même. Si un apprenant a des notes de 60 ou 70%, il n’est pas en échec, mais il a diverses difficultés qui le limitent. Pour lui, une réussite de qualité serait 80 ou 90%.» 

Les interventions et le soutien sont ensuite appelés à diminuer progressivement. «Le but est de rendre l’apprenant autonome. Ce n’est toutefois pas rare qu’on revienne quelques semaines ou quelques mois plus tard pour faire un suivi des compétences développées et des progrès», note l’orthopédagogue. De l’aide est aussi offerte aux parents quant aux stratégies d’apprentissage mises en place.

Pour les adultes aussi 

Depuis quelques années, l’orthopédagogie se développe dans d’autres domaines: au sein des hôpitaux quand il y a de la scolarisation, mais aussi en entreprise et en milieu carcéral.

«Les apprenants se retrouvent sur le marché du travail, et les adaptations auxquelles ils avaient droit pendant leur scolarisation ne sont plus offertes. Généralement, les employeurs nous sollicitent pour qu’on vienne soutenir leur service de ressources humaines et les employés qui ont des difficultés», ajoute l’orthopédagogue. 

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