Carrières
05:00 4 février 2020

Bénévole pour la justice réparatrice

Bénévole pour la justice réparatrice
Photo: Justin Desforges/Collaboration spécialeL’an dernier, Serena Lopes a reçu le prix Hommage-Bénévolat Québec et la médaille de la paix du YMCA dans la catégorie Jeune pacificateur.

Serena Lopes, 24 ans, s’engage depuis plus de 5 ans auprès de détenus ou d’ex-détenus pour les aider à se réinsérer dans la société après leur peine de prison.

En quoi consiste ton engagement bénévole?
Je m’engage dans plusieurs organismes dont le but est la réinsertion sociale et la justice réparatrice pour des personnes incarcérées au fédéral ou au provincial. On les accompagne dans les procédures pour se réinsérer, dans les pénitenciers ou à l’extérieur. On les outille, on les écoute et on les guide. Certains sont incarcérés depuis 20 ou 25 ans, donc parfois, c’est difficile pour eux d’imaginer ce qui les attend dehors. Il m’arrive aussi d’accompagner des détenus qui ont la permission d’aller faire des activités à l’extérieur de la prison. Je collabore avec Communitas, le Service correctionnel du Canada, les Cercles de soutien et de responsabilité du Québec et la Cour du Québec-Chambre de la jeunesse.

Comment as-tu découvert ces organismes et décidé de t’y investir?
J’ai toujours été intéressée par le sujet de la criminalité. J’ai même étudié un peu en criminologie après le cégep. C’est là que j’ai découvert ces organismes et commencé à m’y engager bénévolement. J’avais alors 19 ans et j’ai aimé ça, car j’ai compris que ça m’apportait autant à moi qu’à ceux que j’aide. C’est devenu une partie de mon quotidien. Je crois profondément en la justice réparatrice pour prévenir la récidive. On est peu de jeunes parmi les bénévoles; les autres sont plus âgés. Ça m’attriste de voir que ma génération est moins tournée vers cette cause. Ces gens ont besoin d’un appui, d’un contact avec l’extérieur.

Quelles sont les principales choses que tu as découvertes au contact du milieu carcéral?
J’ai découvert que la réinsertion sociale fonctionne et que derrière chaque criminel, peu importe son délit, il y a un être humain qui a vécu des choses parfois horribles. Ça ne justifie pas ce qu’il a fait, mais ça permet d’en avoir une compréhension. Quand les gens s’ouvrent à moi, ça crée un lien très humain que j’apprécie beaucoup. Évidemment, ce type de relation n’est pas pour tout le monde, et je le comprends. Il m’arrive de ne pas parler de mes activités, car je sais que certaines personnes sont mal à l’aise avec mes histoires.

Est-ce que tes activités bénévoles ont influencé ton projet de carrière professionnelle?
Oui! Ça m’a donné énormément envie d’étudier le droit et la justice réparatrice. Il y a beaucoup de tabous que je veux briser. Je fais un bac en sociologie, mais j’aimerais effectuer une demande en droit prochainement. Je veux devenir avocate criminaliste pour la défense et représenter des accusés face à leurs victimes, car ils ont aussi des droits, dont celui d’être représentés. Sans banaliser leurs actes, des gens doivent croire en eux. J’en fais partie.

En rafale

Ton film préféré?
The Shack

Ton projet professionnel?
Avocate carcéraliste et criminaliste

Ta principale qualité?
La compassion


Une fois par mois, en collaboration avec le Conseil jeunesse de Montréal, Métro présente un jeune dont le parcours est inspirant.