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05:00 11 février 2021 | mise à jour le: 11 février 2021 à 07:15 temps de lecture: 4 minutes

Encourager les femmes à étudier les sciences

Encourager les femmes à étudier les sciences
Photo: 123RFParité Sciences offre des ressources pour inciter les jeunes filles à s’engager dans des études scientifiques si cela leur plaît.

À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles en sciences, une équipe de l’Université de Montréal lance la plateforme Parité Sciences : des outils pédagogiques pour les professeurs afin d’encourager leurs étudiantes qui souhaitent s’engager dans des domaines d’études scientifiques.

Bien que les filles suivent autant de cours de mathématiques et de physique que leurs comparses masculins jusqu’au Cégep, elles sont largement moins nombreuses à s’engager dans ces filières d’études à l’université.

D’après une étude du professeur de physique de l’Université de Montréal Jean-François Arguin, elles ne représentent que 19% des effectifs dans les cursus d’informatique, 24% dans les cursus de physique et 41% dans les cursus de mathématiques.

Cette réalité affecte évidemment le marché du travail, et plus largement la société québécoise puisqu’une majorité importante des emplois «scientifiques» sont occupés par des hommes, alors que le salaire moyen y est des plus intéressants au Québec (69 000 $ par année si on possède un diplôme universitaire).

Comment expliquer que les jeunes femmes désertent autant les bancs universitaires de ces matières? «Ce n’est pas qu’elles sont moins bonnes, dit Jean-François Arguin, mais plutôt que la société leur renvoie l’idée que des disciplines sont faites pour les hommes.»

Le biais inconscient

C’est en constatant ce «biais inconscient», soit l’ensemble des stéréotypes et croyances véhiculés par la société et qui dissuadent les jeunes filles d’envisager une carrière scientifique, que Mr Arguin a eu l’idée du projet Parité Sciences.

«Plusieurs études montrent que lorsqu’un enfant doit dessiner un scientifique, les caractéristiques qui reviennent le plus sont : un homme, chauve, à lunettes, tenant une éprouvette. Comme la représentation scientifique de la société est souvent masculine, c’est difficile pour une fille de s’y projeter», dit le professeur.

Parité Sciences est une plateforme virtuelle alimentée de ressources visant à déconstruire ce biais inconscient et à doter les professeurs de Cégeps d’outils afin de mieux accompagner leurs élèves intéressées par les matières scientifiques.

«Parce qu’ils enseignent au quotidien, les professeurs sont les plus personnes les plus à même d’opérer un vrai changement de culture pour encourager la parité, explique Stéphanie Luna, coordonnatrice du projet Parité Sciences. La plateforme leur offre des outils clés en main et une formation gratuite d’une heure afin de leur présenter des stratégies pédagogiques simples et applicable de leur enseignement de tous les jours.»

Ces stratégies consistent par exemple à encourager la collaboration plutôt que la compétition entre camarades, à ne pas isoler les étudiantes dans les travaux de groupe lorsqu’elles sont minoritaires, à encourager les filles à parler de leurs ambitions et souligner qu’elles ont les compétences requises ou encore présenter des exemples de femmes scientifiques auxquels elles peuvent s’identifier.

Témoignage

Étudiante en physique à l’Université de Montréal, Marylou Fournier Tondreau a attendu plusieurs années avant d’oser se lancer dans ces études.

«J’ai toujours aimé les mathématiques et je performais bien mais une fois arrivée au Cégep, j’étais convaincue que c’était un domaine pour les hommes et qu’en tant que femme j’avais plutôt ma place en santé. Alors j’ai suivi des études pour devenir pharmacienne», explique-t-elle.

Une fois sur le marché du travail, la jeune diplômée a réalisé qu’elle n’avait pas suivi ses envies personnelles et a décidé de retourner aux études. Après trois ans de baccalauréat de physique, où elle dit se sentir très intégrée, elle vise d’intégrer une maitrise d’astrophysique.

«J’ai pris cette décision un peu tard, mais je ne la regrette pas du tout ! La société projette un stéréotype fort de ce que devrait être un informaticien ou un astrophysicien et ça m’a pris du temps pour réaliser que moi aussi, je peux en être», dit-elle.

L’ensemble des informations, outils et contacts pour les formations gratuites au Québec sont disponibles dès à présent sur le site www.paritesciences.ca

 

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