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16:05 30 avril 2013

Cinq trucs pour s’adapter à l’enseignement en anglais

Cinq trucs pour s’adapter à l’enseignement en anglais
Photo: Métro

Motivation, patience et opportunisme sont les mots d’ordre à retenir pour tous ceux qui veulent tenter l’expérience d’entamer leurs études dans une langue seconde. Voici quelques trucs et conseils pour s’adapter plus facilement à des études collégiales ou universitaires en anglais.

Discerner ses forces et ses faiblesses
Il est important de discerner ses forces et ses faiblesses dans la langue anglaise avant de tenter l’aventure. «Il faut être certain de ses compétences et avoir une bonne base, puisque étudier dans une langue seconde demande beaucoup d’énergie», souligne la professeure à l’École des langues de l’UQAM, Marie Ploquin. Avant de commencer la session, il est conseillé de suivre un cours d’été, pour travailler des aspects de la langue, comme la prononciation, l’expression orale ou bien l’écriture. Il est aussi important de faire des recherches pour se familiariser avec le vocabulaire relié au champ d’étude.

Faire preuve d’opportunisme
Pour s’adapter plus facilement, il faut saisir toutes les occasions qui se présentent pour parler le plus souvent possible en anglais. Il est aussi utile de discuter avec plusieurs personnes de milieux différents. Amis, professeurs ou voisins, chacun a une façon de parler qui ne peut qu’être bénéfique pour un étudiant en plein apprentissage, selon la professeure de langue seconde à l’UQAM, Suzanne Springer. Créer un réseau d’amis anglophones dès son arrivée dans le nouvel environnement d’étude est donc nécessaire pour bien s’intégrer.

Faire du bénévolat ou un stage
Mme Springer recommande aussi de faire du bénévolat ou bien de faire un stage dans son domaine d’études. L’étudiant peut donc apprendre de nouveaux mots liés à son champ d’étude tout en mettant en pratique ce qu’il apprend dans ses cours. Cela lui donne aussi l’occasion de discuter avec ses collègues de stage pour améliorer sa maitrise de l’anglais.

Demander de l’aide
Pour réussir, il est fortement conseillé d’accepter tous les services proposés par les collèges et les universités qui offrent des centres d’aide gratuits aux étudiants. «Il faut que l’étudiant soit motivé à trouver de l’aide, affirme Mme Springer. Souvent, il n’utilise pas ces centres à leur plein potentiel.» Les universités dont Concordia et McGill, permettent aussi, dans certains cours, de rédiger les travaux en français, malgré que la matière soit donnée exclusivement en anglais. C’est une option considérée par plusieurs francophones au début de leurs études. Avec le temps, plusieurs sont capables de rédiger leurs travaux en anglais lorsqu’ils se sentent plus à l’aise.

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S’impliquer à long terme
Étudier dans une langue seconde doit être un projet à long terme. Suzanne Springer conseille d’ailleurs de rester plusieurs années dans un milieu anglophone pour se donner le plus de chances de sortir bilingue de cette expérience.

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Étudier en anglais

À Montréal, une certaine proportion de francophones étudient en anglais. Voici les données recueillies par quelques institutions :

  • Université Concordia 25, 4 %
  • Université McGill 26 %
  • Collège Dawson 40 %

Vivre l’expérience

Patricia Denis et Rosalie Bordeleau sont deux jeunes femmes qui ont tenté l’expérience des études en anglais. La première, au cégep et la seconde, à l’université.

Quelles ont été vos motivations à étudier en anglais?
Patricia : Je ne savais pas encore exactement dans quoi m’embarquer au cégep, donc j’ai décidé de faire mes études collégiales en anglais pour m’ouvrir plus de portes dans le futur.
Rosalie : Je voulais faire mes études en cinéma et c’est un domaine qui demande d’être bilingue. J’ai donc choisi Concordia, beaucoup pour le prestige de l’université aussi.

Qu’avez-vous fait pour vous préparer?
Patricia : J’étais en anglais intensif au secondaire, donc ma maitrise de la langue n’était pas si mal. J’ai écouté des téléséries en anglais et j’ai fait un voyage en Colombie-Britannique.
Rosalie : J’ai suivi un cours d’anglais intensif d’un mois pendant l’été. Ce n’était par contre pas assez long pour avoir toutes les notions de base.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées?
Patricia : La plupart des autres étudiants étaient anglophones et les professeurs mettaient tout le monde au même niveau. J’ai donc dû redoubler d’efforts pour garder le rythme.
Rosalie : Ce qui a été dur c’était de rester attentive lorsqu’un professeur donnait un cours de quatre heures en anglais. La compréhension orale a été difficile au début.

Quels sont vos trucs pour s’adapter plus facilement à la langue?
Patricia : J’allais voir les personnes-ressources en dehors de mes cours et j’allais au centre d’aide pour corriger mes textes avant de les remettre.
Rosalie : Puisque j’étudie en cinéma, j’ai écouté plusieurs films en anglais, sous-titrés en français. J’ai progressivement enlevé les sous-titres français pour les écouter seulement en anglais.

Que conseillez-vous à ceux qui veulent étudier en anglais?
Patricia : Si vous avez une bonne base en anglais, je conseille de vous lancer dans l’aventure. C’est beaucoup d’efforts, mais ça augmente la débrouillardise et ça nous permet de sortir de notre zone de confort.
Rosalie : Je conseille de regarder des films et de lire des livres d’ados en anglais. Cela aide beaucoup pour la compréhension. Il est aussi important d’être attentif à tous ceux qui parlent autour de nous. J. Bouchard